Nous reprenons ici le compte rendu du Journal
2. Il s'agit de la Uéclaration proposée par l'abbé Sieyès aux patriotes des 83 départements, dont on trouvera le texte et une appréciation dans les Révolutions de Paris, no en, p. 554.
524 SOCIÉTÉ DES JÂCODIiNS [19 juin 1791J
à ce que Ton ?oit plus éclairé sur cette démarche, qui paraît dangereuse, personne ne donnera sa signature à cet écrit. La séance a été levée à onze heures.
[Sur celte séance, ou plutôt peut-être sur la précédente, on lit, dans le n° J5 du Babillard:]
Du dimanche 19 juin 1791, séance des Jacobins. — Après quelques détails peu intéressants, M. Rœderer a dit : « Autant j'ai en horreur les dénonciations particulières contre les citoyens, les corps administratifs, les tribunaux, autant je les crois un devoir quand elles ont pour but l'intérêt public et Tintérét de la patrie. Le décret sur l'armée, rendu contre mon avis, va être éludé. Je vais parler en sa faveur. — Je dénonce un écrit intitulé : Opinion de MM. Cazulès et Bouthillier sur le serment d^ honneur imposé aux officiers de l'armée '. » — M. Rœderer lit cette opinion, qui n'est qu'un tissu de principes faux et de maximes inconstitutionnelles si absurdes et si dangereuses qu'il ne croit pas que cet écrit soit l'ouvrage des deux députés qui l'ont souscrit. Le roi y est représenté comme réunissant lui seul tous les pouvoirs de la nation et du monarque. On en conclut que c'est pour le roi seul que ce serment doit être prêté : « Le serment exigé, a ajouté l'opinant, peut être épuratoire pour l'armée. C'est l'unique motif, la seule intention du décret qui l'impose. L'opinion que je vous dénonce en fait, pour les ofTiciers qui le prêteront, l'engagement d'opérer la contrerévolution quand le moment favorable sera venu. Cette opinion de deux militaires jjcut devenir celle des officiers de l'armée. Il faut que le sens du décret soit réintégré. » — L'opinant conclut à ce que cet écrit soit dénoncé à l'Assemblée nationale. Il observe qu'il ne peut se charger de cette mission. M. Botidoux offre de le faire. M. Goupil de Préfeln obtient la préférence.
PRÉSIDENCE DE M. l'HI EUH
[Lecture du })rocès-vcrbal et des annonces. — Le rapport pour la t'iHc du li juillet est renvoyé aux commissaires. — Plusieurs citoyens remercient de l'adresse de M. Robespierre aux assemblées primaires. — On décide de n'admet-