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C'est la suite de l'adresse de Perpignan

588 SOCIÉTÉ DES JACOBINS [6 juillet 1791]

ments : « La fidélité à la constitution, le dévouement à la défendre, le « respect et la soumission aux pouvoirs qu'elle aura établis, seront les u premières lois imposées à ceux qui voudront être admis dans la So- (( ciété. » — Nous sommes encrages par serment à maintenir la constitution. Parler contre les décrets constitutionnels, lire des écrits qui leur sont opposés ou le souffrir, est un parjure : il faut renoncer à la Société et sortir de son sein. M. le président a été justement applaudi par la majorité quand il s'est élevé contre cette infraction à la loi que la Société s'est faite. »

Peu à peu le calme se rétablit.

M. BûucuE. — Je ne sais. Messieurs, si mon sentiment sera de votre goût; mais je vous prierai de vous rappeler qui nous sommes, et pourquoi nous sommes assemblés. Nous sommes les Amis de la constitution, et nous nous réunissons pour en être les soutiens, et non pour entendre des écrits aussi inconstitutionnels.

Quelques voix. — Ah! ah!... (Les applaudissements les plus vifs couvrent ces voix. Enfin M. le secrétaire descend de la tribune.)

M. BoucuE. — Je crois encore une fois de mon devoir de prévenir la minorité que jamais elle ne me forcera à lui céder. [On applaudit.)

MM. les commissaires nommés pour s'informer de la santé de M. Dubois de Crancé en donnent des nouvelles satisfaisantes. L'un deux annonce l'avoir vu, et, en le rassurant sur son état, dont il était inquiet, lui avoir donné des soins qui l'ont entièrement tranquillisé.

M. Robespierre. — J'ai une simple annonce à faire à la Société : c'est celle de l'hommage que lui font les auteurs des Tableaux de la Révolution '. Je prie la Société d'agréer cet hommage, et je demande que l'on écrive aux Sociétés affiliées pour le leur faire agréer également.

La motion, appuyée, est mise au voix et adoptée.

Parmi les Sociétés à qui l'affiliation est accordée, M. de Bécourt demande une distinction particulière pour celle de Clermont en Argonne, ville dont les habitants ont contribué à l'arrestation du roi.

[iV. Anthoine présente quelques observations sur cette question : que fera-t-on de Louis XVI? Il prie la Société de vouloir bien écouler les membres des Comités de l'Assemblée nationales chargés de l'examiner-.]

1. Voir, sur cet ouvrage, la Bibliof/rapUie de l'histoire de Paris pendant la Révolution, par M. Tourneux.

2. On lit dans le Babillard du diiuauche 10 juillet : << Au Palais-Royal, vendredi matin, un enragé jacobite a rapporté que M. Anthoinc, membre d'un des sept Comités réunis pour l'atlaire du roi, avait lu, dans le club, le projet des

M. Fevdel. — Je demande, Messieurs, que M. Mathias, que la Société de Ghàlons a chassé de son sein, et qui est maintenant à Paris, soit également éloigné de notre Assemblée, s'il venait à s'y présenter. [Adopté.)

Cette motion, appu3'ée par MM. Botidoux et Feydel, est mise aux voix et adoptée. — On passe à l'ordre du jour : la loi à faire contre les émigrants. Plusieurs membres parlent sur cette matière. On distingue ^IM. Hassenfratz, Feydel, Rœderer, Carra. La difficulté d'une bonne loi à faire sur cet objet ne les empêche pas de croire qu'il est iuiportant d'en avoir une. M. Feydel fait une distinction entre les personnes émigrantes, qu'il divise en voyageurs qui sortent pour leurs affaires avec l'intention de rentrer, en transfuges qui sortent de leur patrie pour tourner leurs armes contre elle, et en émigrants qui sont les citoyens qui, n'ayant d'autres propriétés que leurs talents, vont dans les lieux où ils croient pouvoir les faire valoir à leur avantage. Sur les transfuges seuls doit se tourner la sévérité de la loi.

[jV. Collot d'Herbois faille rapport des vingl et un carabiniers qui, ayant été licenciés avec des cartouches jaunes, sont logés aux Invalides et sollicitent un jugement'] .

M. Perrocuel. — D'après le rapport très intéressant qui vient de vous être fait, je demande qu'il soit communiqué au Comité militaire, pour le prier de faire connaître à l'Assemblée nationale la position de ces soldats, et d'obtenir pour eux du service dans l'armée.

Cette motion, avec l'impression du rapport, est mise aux voix et adoptée.

La séance a été levée à dix heures.

Comités sur cette affaire; qu"il avait été hué et chassé de la tribune; que les clubistes avaient juré que ce projet n'aurait jamais lieu; que l'art. 26, qui urdoune le respect pour le roi et sa famille, n'a produit d'autre effet dans le club que de liguer trente patriotes pour assassiner le roi, et qui s'y sont engagés par serment; que le reste des clubistes ne se conformera jamais au décret de soumission envers la municipalité ; et qu'enfin ils sont tous outrés contre le décret qui prohibe les jeux, qu'ils regardent comme tyraunique. Je crois aimer la liberté plus que tous les soi-disant républicains, mais je tiens que, si le club jacobite pense comme cet enragé le déclare, c'est un amas de brigands dignes des derniers supplices. »

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