ARTICLE DE LANTHENAS SUR LES SOCIÉTÉS POPULAIRES OU FRATERNELLES
Nous avons inséré plusieurs articles sur ces Sociétés. C'est avec la •satisfaction la plus vive que nous les voyons se multiplier partout. S'il y en a encore si peu à Paris, c'est qu'il y a beaucoup d'autres Sociétés ; mais, plus on ira en avant, plus on sentira le besoin d'y établir de ces clubs populaires. C'est là seulement qu'on peut y instruire cette partie du peuple qui a fait la Révolution et qui n'a aucune part aux élections, qui ne va point aux sections ni aux autres assemblées ; cette partie du peuple qui fait le fond de ces groupes nombreux où le patriote Cloots trouve souvent tant de bon sens et d'énergie. Ces clubs n'existeraient point, ou au moins ne se feraient point redouter, si les ouvriers, les femmes, qui les composent, pouvaient être instruits et prémunis contre les pièges qu'on leur tend pour les exciter au tumulte. Ayons donc dans chaque section des clubs semblables à ceux de Lyon, à ceux des citoyens Dansard, Tallien, La Chapelle, et nous verrons une tranquillité durable succéder aux orages momentanés que nous éprouvons. Ce sujet me parait si important que je crois de mon devoir d'insérer la lettre suivante, qui m'a été adressée par un des plus fervents apôtres de notre liberté, et qui a beaucoup contribué à élever les portiques, populaires de Lyon.
1. Camille Desmoulins ajoute cette réflexion : « M. l'évêque d'Autun vient de se démettre : il serait digne de l'assemblée électorale du département de Saôneet-Loire de faire passer le digne curé d'Issy-l'Évéque de l'obscurité des cachots à la splendeur de la chaire épiscopale du département. Mais la ville d'Autun, une des plus anciennes des Gaules, n'est pas une des plus patriotes. »