‹ La société des Jacobins; recueil de documentsChapitre 63 sur 243 · A L AUTEUR DU « PATRIOTE FRANÇAIS · texte numérisé non relu

A L AUTEUR DU « PATRIOTE FRANÇAIS

« Comment votre patriotisme a-t-il pu larder si longtemps d'appeler l'attention des Jacobins sur les Sociétés populaires qui se forment actuellement dans le royaume, et qui vont être le vrai rempart de la constitution? Répétez donc, je vous en conjure, que les premières Sociétés que les Jacobins se sont affiliées, composées en général de la classe des gens aisés, étaient fort bonnes quand le peuple ne s'assemblait point. Mais, aujourd'hui que le peuple transforme insensiblement les assemblées priinaires en Sociétés où il vient s'instruire chaque jour ; aujourd'hui que toutes les sections de cette ville, par exemple, ont chacune leur Société des Ainis de la constitution, ce n'est point avec la réunion de citoyens épars, qui avaient pris cette dénomination, que les Jacobins de Paris doivent seulement correspondre et être affilies, mais au moins encore avec ces Sociétés nouvelles, qui renferment seules les vrais éléments du peuple français. Les premiers Amis de la constitution qui se sont réunis pour défendre les droits de ce peuple malheureux, quand il étaitencore dans la léthargie, ont été infiniment utiles. Mais le beau rôle de prolecteurs qu'ils ont joué ne cesse-t-il pas quand le peuple s'assemble, quand il s'instruit, quand il veut lui-même veiller pour la patrie ? Ne doiventils pas se reconnaître parties intégrantes de ces Sociétés, et sentir qu'aucune autre ne peut être aussi amie qu'elles de la constitution?

« Le peuple français ne peut s'instruire, il ne peut exercer l'utile influence qui appartient à sa masse, que par ces Sociétés nouvelles. Les amis de la liberté, rassemblés dans le premier moment, doivent, par conséquent, les provoquer de toutes parts. Cependant elles ne s'établissent que d'elles-mêmes, par les dévoloppements naturels de notre Révolution. C'est ainsi qu'elles se sont élevées daus cette ville; elles seules ont sauvé la patrie dès leur naissance, et elles ont composé aussitôt leurs municipalités de patriotes, et cependant les Amis de la constitution d'ici, affiliés, ont fait tous leurs efforts pour persuader aux Jacobins de Paris que leur Société particulière avait seule déjoué l'aristocratie daus cette ville et y avait relevé le patriotisme; et cependant il est vrai, il est juste, il est nécessaii'e de dire que ce changement important pour toute la France est entièrement dû aux Sociétés populaires.

c( Du moment de cette déjiutation à Paris date le mécontentement

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