‹ La société des Jacobins; recueil de documentsChapitre 76 sur 243 · II MARS 1791] MÉMOIRE DE L. BOURDON · texte numérisé non relu

II MARS 1791] MÉMOIRE DE L. BOURDON

Dans la suite de son ouvrage, d'autant plus étonnant que le plan est antérieur de dix-huit mois à la Révolution', M. Bourdon donne un projet de règlement constitutionnel; il établit les relations des élèves entre eux, la distribution des fonctions publiques, la formation du conseil de discipline, l'établissement des jurés, etc.

Un grand nombre des avantages politiques que la constitution a classés dans le pouvoir administratif trouvent leur application dans ce plan : l'auteur a eu soin d'éviter tout ce qui pouvait ne rendre les élèves que des imitateurs; il ne puise dans la constitution que les parties qui lui paraissent applicables à l'éducation nationale.

Dans les 50 articles de ce règlement constitutionnel, M. Bourdon différencie d'une manière ingénieuse l'autorité que, pour le grand bien des gouverneurs, il délègue aux instituteurs, d'avec les droits dont il réserve l'exercice aux élèves; et cependant, quoique ce système soit puisé dans la nature même et conforme au grand édifice social, il faut attendre son application pour être assuré du succès; mais tout bon citoyen nous semble devoir désirer l'essai d'une institution dont la théorie s'offre sous un aspect si séduisant, et le désirer d'autant plus vivement qu'il faut peu de mois pour s'assurer du succès de cette grande expérience: car on est bien prompt à se saisir de l'exercice de ses droits quand ils sont indiqués, et toute la question se réduit à savoir si cet exercice n'attachera pas plus fortement la jeunesse à ses devoirs.

Cette expérience est d'autant plus nécessaire qu'on ne peut pas jeter indistinctement parmi la jeunesse des institutions nouvelles, même amenées par la théorie, et que cependant, sans l'admission de ces principes régénérateurs, nous n'aurons pas d'éducation vraiment nationale.

Instruit qu'un des membres du Comité de constitution s'est occupé du rapport de la pétition de l'auteur et qu'il ne l'a suspendu que par la raison qu'un de ses collègues était chargé de tout l'ensemble du travail sur l'instruction publique, votre Comité croit. Messieurs, que le devoir de la Société des amis de la constitution est de presser M. Rabaut de Saint-Etienne, l'un de ses membres, de concilier avec

1. La partie de cet ouvi"age sur laquelle porte ce rapport a été imprimée eu 1788, sous le titre de Plan d'un établissement d'éducation nationale, chez Prault, quai des Augustins. Des lettres patentes en autorisèrent l'exécution sous le titre de Société royale d'émulation, et, par une bizarrerie encore plus singulière, ce plan, uniquement fondé sur les droits naturels, la liberté et l'égalité, ainsi que le Comité de constitution l'a reconnu dans son avis du 16 janvier dernier, était destiné, par le ministre de la guerre d'alors, à mener les règlements des écoles militaires au degré de modération et de simplicité convenable. {Note de l'original.)

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un travail général le rapport de la pétition, et de l'inviter à obtenir un décret qui puisse mettre le plus promptement possible M. Bourdon à portée de faire l'expérience de son invention.

Votre Comité n'entre pas dans le détail des demandes formées par M. Bourdon, afin de pouvoir le plus promptement possible faire l'application de ses principes: ces détails appartiennent à celui qui e>t chargé du rapport à l'Assemblée nationale. Il suffisait de vous indiquer que ce système renfermait des vues neuves, ingénieuses et profondes, conformes à la loi naturelle et aux principes de la nouvelle constitution; que ce système méritait d'acquérir la plus prompte sanction de l'expérience, et que, pour l'obtenir, il était avantageux que l'Assemblée nationale favorisât l'essai que M. Bourdon propose, et accordât à cet effet un de ses moments au rapport du Comité de constitution sur la pétition qui a été renvoyée à ce Comité par un décret.

Votre Comité se borne donc à inviter la Société des amis de la constitution à prendre l'arrêté suivant :

Projet (V arrêté adopté j)ar la Société.

La Société des amis de la constitution, ouï le rapport des commissaires nommés pour l'examen du mémoire de M. Léonard Bourdon sur l'instruction et sur l'éducation nationales, a arrêté que M. Rabaut, membre de cette Société, serait invité à faire demander à l'Assemblée nationale, par le Comité de constitution, un jour fixe et prochain pour faire le rapport de la pétition que l'Assemblée nationale a renvoyée à ce Comité par son décret du 31 mai dernier.

Signé: Biauzat, président.

BoN.NECARRÈRE, CoLLOï d'IIerbois, secrétaires.

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