‹ La société des Jacobins; recueil de documentsChapitre 77 sur 243 · DU VENDREDI 11 MARS · texte numérisé non relu

DU VENDREDI 11 MARS

JACOBINIANA

Les Jacobites ont commandé à leurs barbouilleurs différents livres ou écrits propres à donner le dernier degré à la fermentation démagogique. Ces livres sont intitulés : Crimes des rois de France; Crimes de la noblesse et du clergé; Crimes des évêques de Rome. — On dit même que, constants dans leurs fureurs contre tous les hommes revêtus du pouvoir politique, ils font travailler maintenant à un ouvrage qui portera le titre de : Crimes des représentants de la nation.

M. Reubell, président du Club, indigné d'une dénonciation qui portait contre le rétablissement de Vincennes, et dans laquelle l'orateur annonçait que le peuple était prêt à s'y porter, leva prudemment la séance. M. Barnave la fît renouer aussitôt, sans s'inquiéter si, comme l'observait très bien M. Reubell, la Société pourrait être accusée de l'événement. Un journaliste observe que sou but était de plaire au peuple démolisseur. « Il faut, ajoute-t-il, que M. Barnave convienne qu'il y a une connexion quelconque entre les dénonciations et les mouvements séditieux qui les suivent, ou qu'il avoue qu'il a tort d'attribuer aux mandements ou aux libelles aristocratiques les mouvements d'un autre parti; la marche est la même pour les uns et les autres. »

Le crédit des prétendus amis du peuple est à l'agonie. Depuis quelques jours, MM. A. de L. et B. ^ arrivent de bonne heure aux séances. Ils sont devenus polis. Ils daignent se placer quelquefois dans les bas-côtés, et parler à l'homme obscur qu'ils méprisaient auparavant. Ces messieurs font ressource de la dénonciation : ils dénoncent comme l'abbé ïrublet compilait. Il est échappé à M. A. de L. un mot bien étrange, et qu'ont entendu plusieurs personnes à la séance du 2i- février ^, où M. Mirabeau désignait si clairement lui et tout son parti : Mirabeau, vous nous perdez, mais nous nous retournerons.

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