‹ La société des Jacobins; recueil de documentsChapitre 81 sur 243 · CI-DEVANT AVOCAT EN LA CI-DEVANT PROVINCE d'aRTOIS · texte numérisé non relu

CI-DEVANT AVOCAT EN LA CI-DEVANT PROVINCE d'aRTOIS

UONORABLE MEMBRE DU COTÉ GAUCHE DE L'aSSEMBLÉE NATIONALE,

ET l'un DES FONDATEURS DU CLUB DES JACOBINS

(S. 1. n. d., in-8 de 15 pages.)

« Citoyens, Frères et Amis,

« Un grand intérêt nous rassemble en ce jour ; il ne s'agit plus d'inventer des projets de contre-révolution, pour nous donner l'honneur et la gloire de les découvrir et de les déjouer sans grande peine; il ne s'agit plus de continuer notre guerre contre les honnêtes gens , avec les armes toujours brillantes et sûres du patriotisme : il s'agit d'objets bien plus essentiels et bien plus pressants. En vain voudrais-je vous le dissimuler, en vain voudrais-je me le cacher à moi-même : le danger est trop grand et demande un remède trop prompt pour s'amuser à feindre plus longtemps. Non, Messieurs, il n'est plus temps, Tabime est ouvert, de tous côtés on veut nous y précipiter. Il faut donc employer notre courage, réunir nos forces et nos lumières, pour opposer une résistance fructueuse et nous sauver; ou, s'il faut mourir, mourons, mais, comme le fier Samson, ébranlons, renversons les colonnes fragiles de l'édiîîce que nous avons aidé à construire. Vous voyez, mes frères, que j'ai besoin de toute votre attention; aussi j'ose espérer aujourd'hui qu'il n'y aura que trois sonnettes de cassées pour m'obtenir le silence qui m'est si nécessaire.

« Oui, mes frères, il faut lâcher le mot, nos projets sont découverts, et le peuple, que nous avons aveuglé (le tout pour son bien), com-

voir et qui le couvrit d'applaudissements. » Cet article de la Gazelle universelle, dont nous ne donnons que la partie intéressante, fut reproduit par le Lendemain du 20 mars 1791.

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