A.Mii'.i-; Mautin'et, O/fcnhcich, s« rie. i^on nnivre
Une intense époque de production commença pour Offenbach, avec des alternalives ou des degrés dans le succès. Une de ses premières les moins banales fui celle qui se donna au Palais-Pourbon : M. Choufleury restera chez lui dont le livret était si:^né du duc de Mornv. Mais il se signalait par d'autres originalités. A Ems, dans un dîner, sa prodig'ieuse facilité le poussa, par une coquetterie d'artiste, à proposer cette gageure : arriver en huit jours à écrire, à orchestrer et à faire répéter un acte. 11 gagna, et cela nous a valu une œuvrette charmante IJsc/ien et Frilzrhen. Peu de temps après, Offenbach dut abandonner son Ihéâtredes Bouffes que lui disputaient ses commanditaires. Il cessa d'être directeur pour n'être plus que musicien, mais un musicien plus fécond, plus boulTon, [)lus grand (pie jamais. Non seulement son inépuisable inspiration allait lui souffler ces chefsd'œuvre, la Bette Hélène, Barbe Bleue, la Vie Parisienne, ta Grande-Duchesse, la Périchole. tes Brigands, mais sa bonne étoile avait mis sur son chemin, pour écrire les paroles de ces œuvres, deux auteurs qui semblaient prédestinés à ce rôle de fournisseurs ordinaires de thèmes merveilleusement adaptés aux extraordinaires fantaisies de sa musique : Meilhac et rialévy.
Un nouveau théâtre allait devenir son temple, le plus parisien, le plus mondain, le plus galant de tous. Ce furent les Variétés. En i86^, il s'apprêtait à faire représenter ta Belle Hélène, sans bien savoir où. L'important, c'était de dénicher l'héroïne à la fois tendre et moqueuse, soupirante et cascadeuse qui donnerait à l'œuvre toute sa portée. 11 avait gardé délicieuse mémoire d'une adorable divetlc à la mine éveillée, aux yeux pétillants qui avait créé son Troml)-al-Kasar, en i85(), aux côtés de Pradeau et de Léonce. Elle s'appelait Horlense Schneider et jouait alors au Palais- Royal. C'était une Bordelaise passionnée pour son art.