André Mahtinet, 0/Tenbac/i, sa vie, son œuvre
Hortense Schneider dans la Grande-duchesse de Gérolstein
D'après un portrait de Pérignon .\|i|)aitieiit il M"* Horlensc Schneider
L OPERA-BOUFtE 401
tant d'angoisses. Monocle à Toeil, son cou délicat pris dans un col empesé, Mlle Silly prêta beaucoup de gracieuse fantaisie au rôle d'Oresle. Couder incarna un magnifique Agamcmnon et Guyon l'Achille le plus comiquement obtus. Il s'était fabriqué une tète si cocassement féroce qu'on le compara à un sanglier sortant' d'une boîle à surprise.
Bientôt, tout le boulevard fredonna en chœur le Pars pour la Crète ou le fameux Bu quLs'avance. Les cabarets et bastringues en retentirent. La musique des voltigeurs s'en fit un défilé. Chez Mabille et à la Closerie des Lilas, on pirouetta sur l'air du roi de Béotie. L'Olympe burles([ue d'Otïenbach avait conquis Paris. Seules, quelques voix discordantes se firent entendre dans la presse. Jules Janin poursuivit de nouveau d'une plume acharnée mais impuissante « ce perfide Meiihac, ce traître Ilalévy, ce misérable Offenbach qui profanent tous les chefs-d'œuvre et tous les souvenirs* ». On ne s'attendait guère à le voir secondé par l'aimable chroniqueur tant parisien Léo Lespès. Celuici raconta, cependant, dans un de ses articles, qu'il était sorti indigné de la représentation et qu'il était rentré chez lui pour annoter son vieil Homère. On pense si les rieurs se mirent contre lui quand on ap|>rit qu'il ne connaissait pas un mot de grec. Rien ne put interrompre le succès toujours croissant de la Belle Hélène, pas même les terribles chaleurs du mois de mai qui étaient parvenues cependant à tuer sous elles une autre œuvre à la mode, les Jocrisses de r Amour.
Après le travestissement de l'antiquité, celui du moyen âge; après la [jarodie de la tragédie grecque, celle du drame romantique. Quelques mois après seulement, Barhe Bleue faisait salle comble aux Variétés et l'on courait y applaudir llortense Schneider étinceiantc