Ilaudin, Mes Souuenirx
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toiis-nous d'ajouter que celle jolie femme élail simplement en peinture et qu'il s'agissait seulement du portrait d'une des plus séduisantes ballerines de la maison.
L'inventif Mira sut mettre également à prolit la charité. En décembre iSSg, il organisa à l'Opéra une grande loterie au profit des pauvres de Paris alors très éprouvés par un hiver des plus rigoureux. Les dons affluèrent de toutes parts. L'Empereur avait envoyé une coupe magnifique ; l'Impératrice, de riches pièces d'orfèvrerie ; le roi des lîelges, une fort belle loile d'Ary Scheffer ; le roi Jérôme, iine montre; Diaz, Court, Ilarpignies, Chasseriau, Thierry, Bourgeois, des tableaux; Gustave Doré, des dessins. Le tirage se fit au bal, au milieu de la plus joyeuse animation. Entre autres gagnants, on remarqua qu'un certain Chevrel, employé du Mont-del^iélé devenait l'heureux possesseur d'une montre donnée par la marquise de Las Marismas, ce qui faisait dire à Monselet :
— Voilà une montre qui n'a pas loin à aller pour trouver son clou.
A ce goût de la chorégraphie turbulente, qui se manifestait si intensément aux bals de l'Opéra, répondaient de nomljreux bals publics. Mabille les dépassait tous de sa prodigieuse réputation, de sa clientèle de premier choix. Ah ! Mabille ! il représentait alors l'éden par excellence des plaisirs parisiens. Se rappelle-t-on le roi Christian, dans les JRois en exil, hélant un cocher dès les premières heures de son débarquement à Paris et lui criant d'une voix joyeusement impatiente : « A .Mabille 1 » Bien de mieux observé. Quand Abd-el-Kadec vint à Paris, après sa libération du château d'Amboise, on amena quelques Arabes de sa suite se promener à Mabille. Le lendemain ils revinrent seuls et, tant que