‹ La société du second empire (volume 2)Chapitre 119 sur 133 · IL'I · texte numérisé non relu

IL'I

surnom oclroyr, depuis ce jour, au danseur [)hil()soplie. Le Taux Brididi s'était attiré ce nom lacheux par un

M;il)ille {Cabinet des Eslnmpes).

long cl coupable plagiat, ProfilanUie sa ressemblance avec le \ lai iîrididi, fondateur (bi uoid. il sappbquaiL à se coiller, à s'habiller, à danser coknnie lui. Ouanl à Chicard, le doyen des chorégraphes faidaisisles, (Uiicard (pii avait fourni tant de mots à l'argot des viNcurs,

c'était un quinquagénaire fortement grisonnant, aux gros yeux ronds, à l'air etlaré. Qui l'aurait cru? ceroi du cancan tenait dans le quartier des Halles un commerce de cuirs des plus prospères.

Rigolboche comptait incontestablement parmi les personnalités parisiennes les plus on vue. Elle n'était cependant pas jolie. C'était une petite blonde à la figure pleine, au teint coloré, à la bouche souriante. Sa coiffure à la chinoise et la simplicité de sa mise révélaient la préoccupation de la danseuse qui ne veut pas être gênée. Elle pratiquait son art avec une véritable passion et les applaudissements la grisaient. Son langage, ainsi qu'on devait s'y attendre, s'émaillaitdesjdus grossières vulgarités, mais, néanmoins, elle passait pour avoir de l'esprit. Le monde des bals publics l'avait d'abord connue sous le nom de Marguerite la Huguenote. Ce (ut un amusant hasard qui lui lit décerner le nom sous lequel elle devait s'illustrer. L'aventure s'était passée au bal du l^rado. Un soii', deux femmes s'injuriaient et étaient sur le point de se prendre aux cheveux. Mais soudain, trouvant que l'intermède avait assez duré, le patron de l'établissement fit irruption dans la salle, accompagné de deux sergents de ville. Jusqu'à ce moment, Marguerite la Huguenote était demeurée simple spectatrice. Il lui parut alors de son devoir de défendre son sexe et d'empêcher la police de s'immiscer dans les distractions du lieu. Elle tira sans façon un des agents par le bras, en s'écriant :

• — Laisse-les donc. C'est bien plus rigolboche. Le mot sur-le-champ fut acclamé et son auteur baptisé par quelques gouttes de Champagne sur la tête que lui versa un des lions de l'établissement.

— Marguerite, lui dit-il solennellement, tu viens de créer un mot qui fera fortune et dont le besoin se faisait vivement sentir. Tu viens d'être plus audacieuse que les membres de l'Académie qui ne savent plus

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