‹ La société du second empire (volume 2)Chapitre 13 sur 133 · Augustin Filon, Le Prince impérial · texte numérisé non relu

Augustin Filon, Le Prince impérial

Bourgoing, Maurice et Adrien Fleui yexcursionn.TJcnl un peu à l'étourdie dans le château de Pierrefonds en construction, le joyeux quatuor arriva en haut d'un escalier sans rampe. Là, une poutre dominant le vide d'une très grande hauteur s'ofTrit à la vue du jeune Prince. Cette

Le Prince iinpériul en coslume de sous-liculenant (ISB'J). Bronze appartenant à S. A. L le prince Viclor-Napoléon.

poulie qui reliait des échafaudages et les mainlenail en équilibre ne servait nullement de passage, mais il vint tout de suite à l'idée du fils de l'Empereur de s'en l'aire un pont pour traverser le précipice. Il fallut les eilorls réunis de ses compagnons et leur refus de le suivre, empreint de timidité mais non de raison, pour l'arrêter dans son imprudence.

De santé robuste entretenue par une hyg-iène rigoui-euse (loni l'Impératrice s'occupait avec beaucoup de sollicitude, plein d'aptitude pour l'escrime, l'équitatioli et tous les exercices, le Prince éprouvait aussi un très vif attrait pour la gymnastique. Ce fut la cause d'un accident terrible qui mit ses jours en danger, sans qu'on eûl à en faire reproche à son ordinaire témérité. A Saint-Cloud, par une chaude journée de juillet i8()6. le Prince se balançait doucement sur son trapèze du bassin des Gouloltes. Assis à quelque distance M. Monnier s'absorbait dans une leclure. Soudain, l'Impératrice pai'ul an bout d'une allée, conduisant elle-même son poney-chaise.

— !Maman, maman, cria l'enfant, regardez comme je fais bien du trapèze !

Ce disant, il laisse glisser ses mains le long des cordes et, ne se retenant que par les pieds, se balance la tète en bas. Mais, soudain, ses pieds lâchent prise. Il tombe de côté sur la terre, reste sans mouvemenl. Blanche comme les statues qui émaillent la verdure, l'Impératrice se précipile, relève son lils, le fail porter sur un lit et court elle-même chercher le docteur ('orvisart. Le Prince avail repris connaissance. Hien de sérieux ne se manifestait à l'extérieur, mais, quelques jours après, se forma un phlegmon de la hanche, (rétait une grave maladie qui commençait. Au printemps de 18(17, on dul opérer l'enfant. Sa convalescence se prolongea et exigea de grands soins. 11 ne put i"enu)nter à cheval de plusieurs mois e(. vers le milieu de l'été, on le voyait encore dans les jardins privés des Tuileries ou de Saint-CIoud pâle et boitant. Les ennemis de l'empire profitèrent de ces suites cruelles d'un accident banal pour faire courir des bruits de mal héréditaire, de dégénérescence, de fin de race. A cette époque moins qu'à tout autre, l'opposition n'avait pas la pudeur de ses armes '.

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