I^.\UL (JACLOT, L'Expédition du Mexi(tuc
(lo r..\ socr.cTi:: nv second empire
allure martiale el dégagée; l'ordre etTensemble de leur marche, inconnus aux troupes indit^ènes, frappèrent la population d'étonnemcnt. On remarqua particulièrement l'escorte du général Forey, composée d'un escadron du 5'" hussards. Sur les recommandations pressantes faites par l'impéralrico au commandant en chef, les cavaliers y avaient troqué leur talpack contre un chapeau de paille'recouverl de toile blanche muni, à sa partie postérieure d'un couvre-nuque de même étolTe '. L'eiï'et était d'un pittoresque inattendu. La foule accueillit aussi avec une vive curiosité les chasseurs d'Afrique qui s'étaient acquis une terrible réputation parmi les guérilleros et avaient été surnommés par eux les carniceros aziiles, les bouchers bleus. Après leur séjour si peu riant à la \'era-Cruz et à Orizaba, nos soldats ne se sentaient pas de joie de se voir dans les rues droites et lareres de cette a^rande ville aux i)eaux édilices, aux maisons confortables, aux magasins bien achalandés.
Le lendemain de celte entrée Iricunphale (|ui élait un dimanche, le général Forey. son état-major et toutes les Iroupes delà garnison assistèrent à la cathédrale ou sur la place à un Te Deuni suivi d'une graud'messe. C'était précisément l'octave de la Fête-Dieu. Un des résultats politiques de noli'e intervention avait été le réUTblissement des cérémonies du culte. La messe militaire devint un usage à Mexico. Une musique de régiment s'y faisait entendre, puis, à l'élévation, tambom's et clairons menaient un tel tapage qu'ils valurenl à la cérémonie le
1. A cet escadron de linssards servail un jeune sous-lieutenant, M. de Montgullier, dont le cas ne laissait pas détre assez touchant. Il avait reçu son ordre de départ immédiat au moment où il sortait de sa cérémonie de niariaee. Il avait dû laisser là sa jeune femme et disparaître avant même le festin nuptial. Et il resta deux ans au Mexicjue sans qu'il lui fût donné de passer à l'accomplissement de ses noces. (Souvenirs inédils du colonel La halle.)
SOUVENIRS DU MEXIOUE
Gl
siiinoni de missa de sordos, messe des sourds, ce qui n'enipècha pas les jolies senoras de s'y rendre en g-rand nombre'. Le rélablissement du culte nous attirait la haute société mexicaine. Peu de jours après notre enirée à Mexico, le général Forey pensa à donner un grand bal et persista dans cette idée, quoiqu'on lui eût fait craindre que les dames de la ville ne voudraient pas si
Soldats mexicains.
D'a|)rés une aquarelle du capitaine Lahalle.
tùt se couipromellre en acceplauL son invilaliun. La lete eut lieu dans l'ancien palais de .Juarez et,démenlant les craintes exprimées, les élégantes y vinrent si nombreuses qu'on dut scinder le cotillon.
A Mexico, nos officiers goûtèrent une vie douce, charmante, galante même, assez comparable à celle, qu'au teuij)s de Bonaparte, leurs grands-pères avaient trouvée (Ml Italie. Voul('/.-\ous les iuipi-essious de l'un d'eux, de cet aimable et brillant capitaine Lahalle, tout à la fois