‹ La société du second empire (volume 2)Chapitre 51 sur 133 · fli'sr.w F. Cr.AriiiN, Mes SDiivenirs · texte numérisé non relu

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une Sainte famille. C'était trop. Voilà pourquoi j'ai quitté Saint-Victor ^ »

Sait-on qu'Alexandre Dumas père diri<:»-ea lui aussi sous le Second empire un petit journal du boulevard? Il l'avait appelé le Mousquelaire et l'avait installé au numéro i de la rue Laflitte, au cinquième, au fond de la cour. Les abonnements ne tombaient pas comme ^réle. Heureusement, Dumas était soutenu par un docile commanditaire, un certain M. Boulé, petit homme agité et atteinl de l'incurable manie de subventionner des journaux. Il avait confié au directeur du Mousr/uetaire, pour subvenir aux besoins de la lédaction, un carnet à souche sur lequel celui-ci devait inscrire les sommes dont il aurait besoin, pour détacher ensuite le coupon dont le confiant Mécène s'engageait à verser le montant. Hélas I les créanciers de Dumas, en accourant en rangs pressés, firent promptemenl du carnet à souche un lamentable squelette et M. Boulé, comprenant enfin son imprudence, se refusa énergiquement à tout renouvellement. D'ailleurs, l'administration manquait d'ordre. On trouvait parfois dans les paniers à papiers des mandats-[)oste restés bien disci'èlcmont au sein de lettres non décachetées. La collaboration était assurée par Méry, Philibert Audcbrand, Roger de Beauvoir, Dumas lui-même. A la fin, devant son impossibilité de régler la copie, il demeura seul devant la lourde tache d'assumer toute la rédaction de son journal. Il s'en tira de façon expédilive, en coupant à droite et à gauche dans les autres feuilles. Tous ses articles commençaient : ainsi <( J'em[)rimte à mon excellent ami Un tel le récit... ». Par habitude de guerre sans doute, le Mousquetaire vivait sur le commun.

Vers le même temps, Henry de Pêne passait pour un des plus spirituels et des |)lus délicats rédacteurs du pe-

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