Gi STAVE Ci-AiDiN, Me.<^ SnuDenirs
til journalisme littéraire. C'était un beau garçon, Béarnais comme Henry IV, d'une distinction qu'accentuaient sa froideur apparente, ses façons quelque peu hautaines et certain monocle carré qui ne quittait jamais son œil '. Il devait plus lard fonder le Gaulois avec Edmond Tarbé. Déjà, en i858, il écrivait sous les pseudonymes de Mané et de Nemo de brillantes chroni(iues au Nord, au F^ir/aro et à r Indépendance helge. Oi'. le 5 mai, au moment de donner son article au Figaro, il s'aperçut, ainsi qu'il l'a raconté lui-môme, qu'il avait besoin de l'allonger de quelques centimètres poui' le faire bien tomber en page. Il s'agissait d'un bal chez un riche étranger. De Pène-Nemo se laissa aller à le terminer par les lignes suivantes, dont il ne vit pas d'abord la poilée discourtoise :
« Progrès sensible ! Il n'y avait plus l'inévitable s§uslieutenant en uniforme, arrachant les dentelles avec ses éperons, opérant des razzias sur les plateaux, la plaie, l'inévitable plaie des salons (jui commencent. On l'invite une fois, jamais deux. Le premier acte des salons <pii ont fait leurs dents est de se débarrasser de lui. A peine marchent-ils qu'ils l'envoient au diable, comme lit Sixte-Ouint pour ses béquilles, après l'élection... »
Celte plaisanterie un peu vive valut à Henry de Pêne plusieurs lettres d'officiers demandant une rétractation ou une réparation par les armes. Deux de ces lettres émanaient de sous-lieutenants au 3" chasseurs à cheval. MM. <",onrtiél et Hyennc. De Pêne répondit dans le Figaro par nii ai'licle d'un ton plus cinglant encore, où il disait du signataire d'une des lettres : « 11 dit cpi'il est officier et s'exprime coiume un crocheleur. » Le sous-lieutenant C-ourliel demanda et obtint l'autorisation de son colonel de se rendre à Paris, accompagné de ses camarades Hyennc et Rogé. L'autorisation était