‹ La société du second empire (volume 2)Chapitre 57 sur 133 · AiJMioNSK Daidet, Trente (ins de Paria · texte numérisé non relu

AiJMioNSK Daidet, Trente (ins de Paria

jI se débarrassait (rvine pluine jugée encombrante. Un jour, en sa présence, Villoinessant s'approche delà, table verte où une demi-douzaine de journalistes écrivent ou dépouillent du papier imprimé :

— Très bien, mes enfants, je vois qu'on est en train...

Fuis, adressant la parole à Paul dlvoy, le chroniqueur en vogue, visai^e rouge sous des cheveux blancs :

— Ètes-vous content de votre chronique?

— Je la crois réussie.

— Allons, laul mieux. (V)mme ce sera votre dernière...

— Ma dernière ?

— Parfaitement ! .le ru' plaisante pas. Voire copie est assommante. Il n'y a (in'iin cri sur le boiile\ iird. .. ^'nilà assez longtemps (pie vous nous embêtez.

Ecrasé sous le coup, Paul d'Ivoy cherche néanmoins à parer au désaslre :

— Mais, monsieur, notre Irailé?

— Notre traité? Elle est bien bonne I Essayez de j)laider, ce sera drôle. Je donnerai lecture de vos articles en plein tribunal et nous verrons s'il y a un traité (pii me force à fourrer dans mon journal de pareilles niaiseries ' !

Daudet reste stupéfait devant « cette façon de secouer sa rédaction par la fenêtre commede vieux tapis ». Elle n'empêcha pas ^'illemessanl de se charger des erd'ants de Paul d Ivoy, à la mort de leur père. Ce gros homme qui cassait ses collaborateurs comme des caporaux montrait souvent les plus généreux élans du cœur et pratiquait la charité d'une façon discrète et bourrue qui la rendait plus légèreà ceux qu'il secourait. Par les froides journées d'hiver, un de ses grands plaisirs con-

]. Alphonse Daidet, Trente uns de Paris

sislait à trouver un pauvre déguenillé, à le conduire dans un magasin de confection, à rhabiller de pied en cap et à lui donner dix francs pour aller faire un bon dîner.

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