Alclsti.n l'iLON, Le Prince impérial
Le Prince impérial sur son poney Bouton d'or
D'd/irê^ le /'i/ilcmi d'Olivier l'irhat
tairos qui attiraient cet héritier des Napoléons. Il saisissait le côté pittoresque des dillerents types de l'armée ancienne et moderne, mousquetaires du Roi aussi bien que gTognards de la Grande Armée. En sa qualité de lectrice, d'abord, puis de dame du palais de l'impératrice, Mme Carette fut tout particulièrement privilégiée dans les largesses du petit dessinateur qui, souvent, le soir, après dîner, aux Tuileries ou à Saint-Cloud. se lançait hardiment sur le papier dans quelque bataille, bivouac ou défilé militaire. Un de ces dessins, exécuté en i865 et conservé par elle, l'a particulièrement frappée : « Il emprunte, dit-elle, aux événements un pathétique souvenir. C'est un soldat d'artillerie, l'uniforme que le Prince portait au Zoulouland, renversé par son cheval qui s'enfuit *. »
Pour cet enfant à la fois observateur et primesaulier, tout devenait occasion de dessin. Un soir qu'il souffrait d'un léger embarras d'estomac, le. baron Larrey, sur la prière de l'Empereur, vint l'examiner et lui prescrivit un repos de quarante-huit heures. Ceci n'était pas pour lui plaire, et il protesta vivement. Le médecin insista, en lui observant qu'il trouverait à s'occuper aisément en lisant et en faisant, puisf|u'il y éprouvait tant de plaisir, des croquis militaires. 11 réfléchit un instant, puis, craignant d'avoir froissé son interlocuteur, il lui dit :
— Vous avez raison, docteur, je serai raisonnable. Dans le salon à côté, il y a justement votre portrait sur le champ de bataille de SolfV'rino. Je le copierai pour vous l'olï'i'ir-.
Nous avons vu combien il s'était intéresse'' au travail de Carpeaux, lorsque celui-ci l'avait représenté avec Néro, le chien de l'Empereur, dans ce groupe qui devait
1. Mme (>Ai!F.TTi:, Souvenirs inliiiica de la cour dru Tuileries.
2. Sotineulrs du Iku-dii l.arreii, rcciioillis \m\v Mine (^aiîktti:.