‹ La société du second empire (volume 2)Chapitre 7 sur 133 · III J · texte numérisé non relu

III J

18 LA SOCIETE nu SECOND EMPIRE

devenii' si côlrlji'o sous le nom de l Enfant au chien. Jl voulul connaître les procédés de la scidplure et, prenant un morceau de terre glaise, il se mil à pétrir. En dehors du buste de M. Monnier dont nous avons parlé et où l'on retrouvait sans peine le port de tête timide et comme etïarouché du modèle, son air un peu revêche^ on a conservé quelques essais du Prince qui surprennent par leur vérité d'expression. Le plus curieux est assurément un grenadier penché sui- un drapeau (pii, regardé à quelque dislance, rappelle assez hien les dramatiques silhouettes de Ral'fet '. Il avait fait aussi de mémoire un buste de l'Empereur. Les habitués de la Cour se rappellent bien également le combat d'un cavalier et dan fantassin d'une exécution très mouvementée. Dans ces ébauches enfantines se révélait, très apparent, le sens <le la vie.

Mais la leudance naturelle de l'amateur aux joues fraiches le portail surtout vers hi caricature. « C'est là, dil M. Augustin l'ilon, que son lalcui loul spontané et instinctif il ne prit jamais une seule leijon avant l'âge de ilix-huit ans, se montrail le plus à son avantage, parce cjue son ignorance en matièi-e techni(jue y disparaissait sous les exagérations que ce genre comporte et aussi parce (\\\'\\ trouvait là l'occasion de di'ployer ce penchant à la raillerie (pii se développa de jour en jour et ([ui eùl fait de lui un mo(|ueur rcMioiitnble, si ce don n'avait été tempéré j)ar la bonté et tenu en bride par le sentiment des convenances. Ses caricatures sont pailantes dans le sens le i)lus littéral du mot-. )>

Il possédait de plus un véi'itable talent de minii(pie qui le conduisait à des effets d'un comique^ irrésistible. Un soir, aux Tuilei'ies, on discutait la (jueslion de savoir aucpiel de ses |)arenls il ressemblait le plus. Ques-

1. Ci'llc l'IkiucIh' est en la pusscssidii de l'IiniK'rjiliicc Va génie.

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