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LE MONDE DU JOURNALlSMi: 181
leurs écrivains de son temps. Mais reux-ci ne signaient pas de leur nom, car, à cette époque, il y avait danger à manier la gaillardise, et la justice élevait la pudibonderie à la hauleur d'un article du Gode. Le journal fut frappé d'une condamnation sévère pour un article de Feydeau oii l'auteur de Fanny contait, sous une forme insuffisamment atténuée, la déconvenue d'une danseuse dont le maillot .«'était déchiré en scène *. Depuis, nous en avons lu l)ien d'autres. Un autre dessinateur, le caricaturiste Carjat, devenu depuis photographe, avait eu, lui aussi, l'idée de fonder tme feuille satiri(iue et illustrée. Ce fut le Boulevard, qui compta dans sa collaboration bon nombre d'artistes et de littérateurs en vogue. Avec Théodore de Banville y arrivèrent ses caudalaires, le long Glatigny et le mièvre Mendès qui ayait déjà eu en 1860 sa Revue fantaisiste tuée sous lui -. Le Boulevard disparut un jour, épuisé par les tiraillements d'argent, (".arjat éprouva par la suite qu'il est plus avantageux <le llatter ses contemporains en photographie que de les charger au crayon.
Dans les dernières années du second Empire, certains journalistes se vouèrent spécialement aux attaques violentes quoique habilement déguisées, contre le pouvoir. L'opposition relevait audacieusement la tète. Elle trouva des interprètes armés de verve et d'ironie pour faire rire aux dépens du régime et employer ces moyens d'action si assurés de réussir en France : l'insolence