‹ La société du second empire (volume 2)Chapitre 64 sur 133 · Alphonse DaIdet, Trenle anf! de Paria · texte numérisé non relu

Alphonse DaIdet, Trenle anf! de Paria

— Parcourez-moi ces feuillets et ne me cacliez rien. Personnellement, je trouve ça incohérent, sans esprit, sans enchaînement. Je crois que je vais piquer une tète.

Wol 11" répondit, après avoir lu :

— Je ne dis pas que ce soit mauvais, mais c'est certainement ce que vous avez fait de moins bon.

Complètement découragé, abattu, RocheforI alla trouver le directeur de l'imprimerie. Dubuisson, et lui confia d'un ton morne :

— Je viens de relire ce pretnier numéro. C'est au dessous de tout, de mon avis aussi bien que de celud'Albert WoH'f. En somme, il n'y a rien de fait. Je verrai plus tard à trouver mieux, mais, vous comprenez, je tiens à ne pas sombrer dans le ridicule. II est impossible que la Lanterne paraisse demain.

— Mais, répondit Dubuisson, nous ne pouvons plus reculer maintenant. 11 est onze heures du soir. Tout est prêt pour la mise en vente demain matin. Ce qui serait ridicule, ce serait de ne pas paraître du tout '.

La Lanterne parut donc. Mais combien les appréhensions de Rochefort et de Wollî avaient été ti^ompeuses Le succès fut prodigieux. Sur le boulevard, autour de la Rourse, on s'arracha les numéros, et à midi les (juinze mille exemplaires tirés par Dubuisson étaient épuisés. Le public avait été amusé par ces alinéas courts, par ces mots de la fin où Tauleur excellait, i>ar l'imperturbable sérieux avec lequel il débitait ses calembredaines. La vogue de ses brochures alla cha(]ue samedi en croissant. Leur hardiesse constituait à coup sur leur principal attrait, car, dans le pays de Paul-Louis Courier et de Renjamin Constant, ces railleries auraient dû paraître terriblement \ ulgaires. Rochefort attaquait le plus haut qu'il pouvait, cinglant Rouher, \Valewski,Per-

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