‹ La société du second empire (volume 2)Chapitre 89 sur 133 · Mai<iuis DE Massa, Souvenir» et Impressions · texte numérisé non relu

Mai<iuis DE Massa, Souvenir» et Impressions

L'enfant de France mil tant de chaleureux sentimenl dans ces dernières paroles que le vieux généraK ou-

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Quelques coslumes de* Coinnienlalres de César. Dessin de Marcelin communiqué par la Vie Parisienne.

bliant et son rôl<' el la représenlalion. se laissa aller à son émolion. Les veux remplis de larmes, il saisit le petit Prince dans ses bras et l'embrassa avec eirusion.

Celle scène imprévue inlerrompit le speclacle. Il ne pouvail finir sur un mouvemenl plus sincère, plus sponlané. Une longue acclanialion salua le Passé el l'Avenir. Le visage de l'Impéralrice rayonnait de bonheur. Un élan infiniment doux de tendresse paternelle en même temps (jue de reconnaissance envers son vieux serviteur mouillait les paupières de l'Empereur... L'avenir ! Hélas ! quelles ombres d'eflVoi. quelles crispations douloureuses sur lanl de visages radieux, si à cette assistance enthousiaste s'était révélée soudain la vision farouche de rinq)Iarable destinée !

Encouragé par les bravos des invités de la « série », le Prince impérial ne se fit pas faute de reparaître sur le petit théâtre de Compiègne. Il montra notamment beaucoup d'entrain dans une charade où il remplissait le r(Me d'un petit paysan. L'ambition vint alors au général I"rossai"d de montrer les dispositions dramatiques de son élève devant un public composé des princes et princesses de sa famille, des Maisons impériales et de quelques amis. Le mardi-gras 1870, on dressa un théàlre dans la salle des jeux du Pavillon de Flore et 1^ petit Prince et ses jeunes camarades y jouèrent la Grammaire, de Labiche, celte joyeuse comédie devenue classique dans les familles. S'improvisant vaudevilliste, le général Frossard — de (jucls brocards ne devait-on pas plus tard l'accabler I — avait fabricjué des couplets qui devaient se chantera la tin :

On n'a pas toujours un si beau parterre, Un n'a pas toujours papa et maman...

1. Le succès de la levue en fil donner le lendemain une seconde représentation. L'Empereur complimenta vivement le marquis de Massa et lui remit un exemplaire de son ouvrage sur lequel était écrit de sa main : Souvenir du commenlaleur de « César » au commentateur de « César ». Oaelques jours après, sur sa demamle, le jeune olficier parlait pour le Mexique.

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M. Cohen, directeur des chœurs à l'Opéra, se chargea d'accompagner les jeunes artistes sur Vaiv des, Pompiers de Nanlerre, qui étail en train de faire le tour du monde. Cambré, bedonnant, gonflé d'importance dans une longue redingote gretiat à boulons de métal qui lui battait les talons, haut cravaté de blanc, flottant dans un vaste gilet blanc et un pantalon de naid<cin, le jeune comédien impérial ^e montra impayable de bouffissure naïve sous la perruque grise de Poitrinas, le crédule antiquaire de l'Académie d'Étampes. Jules Espinasse faisait un Caboussat plein de rondeur et d'aplomb. Pierre de Bourgoing avait pris le tablier d'un rusé valet et Maxime Frossard la robe et les boucles d'une timide ingénue à qui Louis ('onneau faisait la cour. On ne se contenta pas d'applaudir, on rit de tout son cœur, ce qui ne se peut point faire de force et constituait, par suite, le plus sincère des compliments'.

Ce fut la dernière représentation d'amateurs donnée à la cour impériale. La tourmente menaçait. Bientôt, aux légers couplets et aux ritournelles joyeuses allait succéder le brutal grondement sourd du canon. Adieu, les charades, les impromptus aimables, les revues pimpantes 1 Adieu, les belles actrices endiamantées, la troupe heureuse de Compiègne! La pauvre comédie des salons impériaux, si âprement calomniée, devait céder la place au terrible drame militaire et politique où, comme dans la tragédie antique, le rôle principal allait échoir à la Fatalité.

1. Au(;rsTiN Filon, Le Prince Impérial. — Léo Claketie, La Comédie de Sociélé.

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