mars 1S62, Cannes
318 LA SOCIETK DU SECOMD EMIMIIE
qui se rojclaif sur la succession escomptée d'Alfred de Vi^ny, lui permit de triompher facilement.
Vi^ny était en effet déjà désigné par la mort ; le chancelier Pasquier et Biot, tous deux très Agés, ne pouvaient davantage tarder à disparaître. La lice académique allait de nouveau s'ouvrir. Journée mémorahle <|ue celle du 2.3 avril i863 où Dufaure remplaça Pasquier et où. battant Littré, M. de Carné, ardent partisan de l'action de l'Église catholi({ue, sortit victorieux de la lutte. Y eut il, comme on l'a soutenu, des manœuvres pour assurer cette élection? La tolérance religieuse dont Guizot avait chanté les louanges lors de l'avènement de Lacordaire, était-elle bien définitive? Toujours est-il que les épigrammes tombèrent assez dru sur l'élu. 11 se vit rabaissé en raison du concours clérical apporté à son élection, et la presse démocratique souligna d qu'il n'obtenait en quelque sorte que le simple prix de catéchisme ».
iJufaure avait toutes les raisons pour entrer facilement à l'Académie française. Une grande réputation d'avocat, la gravité de son attitude et de sa vie, surtout la louange faite en public de la dynastie d'Orléans chère à la plupart des académiciens lui ouvraient toutes grandes les portes. D'après M. Georges Picot qui prononça son éloge académique, la candidature Dufaure était née spontanément et à l'insu même de l'intéressé, <' au lendemain des défenses politiques dont on se redisait tout bas les plus beaux fragments. Ouand il en fut informé, elle était posée ».
Le poète Joseph Autran nourrissait l'espoir avoué de succéder sans difficulté à Alfred de Vigny. II y eut au contraire longue lutte, et au dixième et dernier tour, Autran n'avait obtenu que dix-sept voix au lieu des dixhuit nécessaires. On dut ajourner l'élection. Avant le scrutin. Mérimée, qui croyait certaine l'élection du candidat patronné par M. Fhiers et s'intéressait, lui, à Jules Janin, détaillait à l'Inconnue ses impressions non