Général comte Fleury, Souvenirs
dislinclion donnaient un aspect très aristocratique aux salons de l'Elysée. A la deuxième réception, le palais était trop petit pour contenir la foule. L'élite de la société légitimiste, surtout, s'y donnait rendez-vous. Les plus grands noms avaient demandé à être présentés.
Le général comte Roguet, fils du général de l'Empire, auteur de mémoires estimés, avait remplacé le colonel Vaudrey, mort peu après son entrée en l'onction. Ce brave général remplissait les fonctions de premier aide de camp, qui consistaient à centraliser le service, mais n'avait véritablement aucune autorité sur les ofliciers de la maison militaire. Par son insouciance des choses du monde, il commettait parfois de risibles bévues. Un jour qu'il était de service à l'Elysée, le Prince qui venait de descendre de cheval lui demanda s'il était venu quel" que visite en son absence : « Oui, Monseigneur, plusieurs personnes se sont présentées, entre autres le marquis de Marchioness : il s'est inscrit sur le livre. — Donnez, dit le Prince, en souriant et il lut: The marquis and Ihe marchioness of A'ilshury. Le bon général avait tout embrouillé et n'avait pas compris l'insci'iption du marquis et de la marquise. Le soir, le Président en riait encore pendant qu'il recevait ses vieux amis de Londres <jui étaient venus tout exprès pour lui rendre hommage ^ Un des grands attraits du Président de la République, c'était sa parfaite connaissance, non seulement des choses, mais encore des hommes de son temps. Un prince de son ûge, (jui n'eût pas quitté le pavillon de Marsan, eût été moins instruit, peut-être, de tant de caractères si divers et de passions si diirérentes. Le prince Louis-Napoléon n'était pas moins heureux dans les honneurs qu'il savait rendre aux gens de mérite et (h; talent. A peine; à Paris, son premier soin fut de faire une visite à Déranger. Un romancier populaire à tous