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Hères, elle jouait un rôle exceptionnel dans ce monde de convention que l'on appelait la haute fashion. A sa table, elle réunissait les hommes les plus marquants de l'aristocratie : le comte d'Orsay qu'on avait surnommé « le roi des Français » à cause de son immense notoriété en Angleterre, le duc de Beaufort, lord Cheslerfield et dix autres grands élégants. Présenté par son ami le comte d'Orsay, Louis-Napoléon n'avait pas tardé à devenir un de ses hôtes les plus recherchés et les plus assidus. L'exilé impérial que ses aventures signalaient à l'attention publicpie, le Prince qu'entouraient de leurs sympathies respectueuses les plus grands noms d'Angleterre, avait frappé l'imagination de miss Howard, inflammable comme celle de toutes les femmes de son pays. Silencieux et grave d'abord, tout h ses pensées sérieuses, le Prince subissait bientôt Ui loi commune et se livrait avec d'autant plus d'ardeur au charme d'une séduisante affection, que celle qui l'inspirait semblait elle-même la partager. Des relations étroites existaient entre le Prince et miss Howard lorsque éclata la révolulion de Février. Soit dévouement, soit ambition, soit tendresse, la charmante Anglaise, un beau matin, déclara tout net à son amant qu'elle le suivrait en France, qu'elle se ferait sa servante et que pour lui elle renoncerait à son luxe, à ses succès, à ses triomphes. Quelques jours après le départ du prince, elle venait en effet à Paris s'installer très modestement à l'hôtel Meurice ^ .
Le Prince recevait deux fois par semaine à l'ÉIysée. En dehors des hommes du Parlement, il connaissait très peu de monde. Ce fut à l'initiative de sa maison militaire que fut laissé le soin de faire des invitations, chacun ayant carte blanche. Dès le premier soir, la famille impériale, le corps diplomatique, les étrangers de