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appeler le « vice-empereur )),I\1. Rouher. Tout jeune avocat, ignoré à Paris mais bien posé au barreau de Riom, il venait d'être mis en lumière auprès du Prince par le comte de IMorny qui l'avait distingué en Auvergne et s'était fait son chaud protecteur.
C'est dans le courant de l'année 18^9 que ce dernier, fils de la reine Hortense et du comte de Flahaut, demanda pour la première fois une entrevue au Prince. Les deux frères n'avaient jusque-là fait que s'entrevoir. Le comte de Morny, ruiné à la révolution de 1848, se tenait à l'écart, ou plutôt sur la réserve, encore indécis sur la ligne de conduite qu'il avait à tenir. Très engagé dans la politique orléaniste, par suite de ses relations intimes avec 3L Guizot et les princes, il lui fallait un peu de temps avant de rompre en visière avec les chefs du parti parlementaire, dont il avait été, bien qu'arrivé très jeune à la Chambre, un des influents coryphées. D'un autre côté, son hésitation était entretenue par la crainto où il était que son frère désirât ne pas afficher avec lui des liens trop étroits. Le Prince, s'élevant audessus des justes susceptibilités que pouvait soulever la demande d'audience du comte de .Morny, le reçut avec une atïectueuse bienveillance, sans autre explication ni autre démonstration qu'une cordiale poignée de main. Néanmoins, sans se le dire, sans aucun épanche ment, les deux frères avaient scellé tacitement un pacte d'alliance auquel ils sont restés tous deux fidèles jusqu'au tombeau K
Né en 1811, M. de Morny avait servi quelque temps dans l'armée d'Afrique. Officier démissionnaire, il s'était occupé d'industrie; puis il était entré à la Chambre des députés comme candidat ministériel, M. Guizot étant président du Conseil. En i85i, il était plus connu comme homme du monde et comme habitué de la