‹ La société du second empire (volume 3)Chapitre 14 sur 84 · Général comte Fi.F.rp.v. Souvenirs · texte numérisé non relu

Général comte Fi.F.rp.v. Souvenirs

]r. LA SOCIETE DU SECONn EMPIRE

liourse que comme homme politique. Il était aimable, fascinateur, audacieux, sceptique, merveilleusement organisé pour briller dans la société moderne. Dès 1849, il disait à un personnage qui depuis a souvent répété ce propos : « Tout ceci finira par un coup d'État et c'est moi qui le ferai. Quand vous me verrez arriver au ministère, vous pourrez dire : C'est maintenant. » Et de fait, il entra au ministère dans la nuit du 1®' au 2 décembre, quelques heures avant la mise à exécution '.

Après les élections partielles du 10 mars i85o qui avaient amené à la Chambre les principaux représentants du socialisme sous la bannière de Ledru-RoUin, les conservateurs furent saisis d'épouvante. Les Burgraves, comme on appelait alors les chefs des partis royalistes, se voyant menacés dans leur sécurité, demandèrent une entrevue au Prince pour conférer de la situation et ofiVirent leur concours. Les pluséminents d'entre eux, Thiers. Mole, Montalemberl, Berryer, le duc de Broglie, le général de Saint-Priest se réunirent à rKlysée. Rien ne fut décidé. Peu après, ces mêmes Burgrares intriguaient de plus belle à la Chambre et faisaient présenter la fameuse loi du 3i mai, restrictive du sufTrage universel et foncièrement antipathique aux idées, aux intéi'èts et aux doctrines du Prince. Encouragés dans leur guerre sourde par l'attitude équivoque du général Changarnier qui flattait tous les partis sans rompre avec l'Elysée, ils venaient d'ouvrir la phase décisive de la lutte entre l'Assemblée et le Président.

Pour celui-ci, le moment d'agir approchait. Le général Changarnier avait donné à un député légitimiste, particulièrement autorisé, le marquis de La Rochejacquelin, les assurances les plus explicites de son dévouement à la cause du comte de Chambord. Il avait déclaré que, le cas échéant, il mettrait son éj)ée au service

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