Président de l'Assemblée. Odilon Barrot, Mémoires pos
! h unies.
être différée. A sept heures du matin, le commandant Fleury se rendit en uniforme chez lui, au Carrousel. Ainsi que l'avait prévu le Prince, Chang-arnier était encore couché. Après quelques instants (l'attente, le commandant fut introduit près de lui dans son cabinet, par un simple planton de service. Le général était très pâle et très nerveux :
— Vous avez une communication à me faire, commandant?
— Oui, mon général.
Après avoir lu la lettre du Président, rapidement et avec une émotion très visible, le général Ghangarnier dit à Taide de camp :
— Votre prince reconnaît singulièrement mes services.
Le commandant Fleury resta silencieux devant cette observation qui ne permettait pas de réponse. Il se borna à dire :
— Mon général, vous n'avez pas d'ordre à nie donner ? Alors, avec une colère conteniu) :
— Non, vous savez bien (jue je n'ai rien à dire, si ce n'est que je vous accuse réception de ma destitu" tion '.
Si le Prince-Président s'était décidé à cette révocation, c'est qu'il n'ignorait rien des engagements de Changarnier avec tous les partis et des preuves de l'ordre donné par ce général aux troupes de Paris de tirer sui- lui. s'il tentait de sortir de l'Elysée pour se transporter aux Tuileries. Le comte Saint-Mars avait fait connaître cet ordre qui lui avait été donné -. Le jour où Changarnier fut démis de ses fonctions, les fonds publics haussèrent et un certain apaisement sembla se faire dans les esj)rits. Dans le monde des affaires, à Paris comme en