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rai en chef à cette armée. C'est la guerre civile en germe. Impossible de pousser davantage le Prince aux résolutions extrêmes. Changarnier, furieux de n'être plus rien, cherche à mettre le feu aux quatre coins du pays, pour ressaisir un peu de pouvoir. II est le héros d'une croisade de prétendus amis de Tordre contre Louis-Napoléon. Mole se rajeunit dans les conciliabules des conspirateurs. Thiers envenime la situation. Rémusat et Jules de Lasteyrie l'y aident de toutes leurs forces. L'Assemblée se donne le plaisir de conspirer ouvertement contre l'Exécutif. On parle d'un complot des Burgraves et d'un Directoire qui serait composé des trois généraux d'Afrique : Changarnier, Lamoricière, Cavaignac et de deux hommes politiques : Thiers et Berryer. Qu'on mette le Président en accusation et ce Directoire est fait. Les impatients, les ardents parlent tout simplement d'envoyer le Prince à Vincennes. C'est, disent-ils, l'affaire d'un coup de main et personne ne s'en apercevra. Les mauvaises ambitions s'agitent. Les orléanistes se croient sûrs du succès, les légitimistes aussi et les socialistes se réjouissent. Le Président se décide à la plus grande énergie ^
Le pays entier l'y poussait : « Qu'attend le Prince, disait-on ? ]\"a-t-il pas donné assez de gages de sa patience et de sa longanimité? Lui avons-nous donné six millions de sullVages pour ({u'il laisse protester notre signature au protit des démagogues ou des politiciens? Qu'il balaye l'Assemblée et qu'il fasse rentrer sous terre tous ces complots et toutes ces intrigues I » L'armée n'était pas moins favorable à un coup d'État. Depuis quelques mois, afin de mieux dégoûter du régime parlementaire les officiers de Paris, deux grandes loges leur avaient été réservées dans la salle du Palais-Bourbon. Ils assistaient à tour de rôle au spec-