CiiAKLiiS BociiEP, Mémoires
2. Général comte Fleury, Souvenirs. Charles Bociier, Mémoires, (".apilaine de Mauduit, liéuululion inililaire du 2 décembre 1851.
LES PRELIMINAIRES DU COUP D ETAT ai
en i83i. Ce fut à cette époque qu'il ajouta à son nom de Fialin celui de Persigny qui avait appartenu jadis à sa famille, mais que son père n'avait jamais porté. Enthousiaste de Napoléon, il avait fondé en i834 une revue impérialiste : V Occident français qui portait comme épigraphe le mot de Napoléon : « J'ai dessouillé la Révolution, ennobli les peuples et raffermi les rois. » Attaché sans réserve à la fortune des Bonaparte, il avait pris une part active aux entreprises de Strasbourg- et de Boulogne et passé, après celte dernière affaire, devant la Cour des Pairs. Constamment tracassé par la police dans les dernières années de la monarchie de Juillet, il ne couchait jamais deux fois de suite dans le même lit et ne s'en occupait pas moins d'organiser activement la propagande bonapartiste '.
Il ne man([uait plus qu'une occasion favorable pour agir. Elle ne pouvait se faire longtemps attendre. « L'Assemblée trahira bien ses complots, disait le général Magnan, attendons qu'elle nous donne barre. » Tout était donc prêt du côté de l'armée pour les éventualités d'un coup d'Étal. Il fut sur le point d'avoir lieu, lors de la dernière prorogation de l'Assemblée. C'eût été une faute, et une faute grave. La France ne voyait pas encore assez clairement les complots parlementaires. Elle aurait pu croire que le Prince agissait dans un but d'intérêt personnel et d'ambition. Le préfet de police et beaucoup de personnages dévoués au Prince poussaient au coup d'État. Ce furent M. de Saint-Arnaud et le général en chef Magnan principalement qui firent abandonner ce projet, en faisant valoir les raisons d'en ajourner l'exécution ^. Rentrée le 4 novembre, la Chambre reprit le cours de ses intrigues et de ses discussions plus violentes que jamais. Le moment était venu de mettre un terme à ce torrent déchaîné de