Victor Hugo, Hisloire d'un Crime
3. Rapports des- officiers de paix de Beaumarchais et Ilenricy.
40 L\ SOCIETli DU SECOND E.MinUE
matin sont affichés. Quelques hommes les examinent et une vieille femme dit : (< Les vingl-cinq francs sont à bas. Tant mieux ' ! »
A 8 heures, le roi .lérôme, prévenu directement par le Prince, venait se mettre à la disposition de son neveu. Ce frère de l'Empereur, avec son masque napoléonien et sa belle prestance, se présentant au milieu du salon déjà plein de monde, produisit une impression profonde. On crut un moment voir l'Empereur des grands jours descendre de son cadre, tant la ressemblance était frappante. Peu d'instants après, se présentaient Lavœstine, commandant les gardes nationales, le comte de Flahaut, le dernier survivant des aides de camp de Napoléon P^ Daumas, Exelmans, un grand nondjre de généraux, d'off-iciers supérieurs sans troupe, de députés et de représentants de la grande presse -.
Dans la cour d'honneur de l'Elysée se tenait à cheval une escorte composée d'un détachement du 7^ cuirassiers venu de Versailles et d'un peloton de lanciers. Les chevaux du Président et d'une quarantaine d'officiers généraux et aides de camp, tenus en mains, pialï'aient impatients. Dès que le Président paraît, les cuirassiers, levant le sabre, crient : « Vive l'Empereur ! » Tout le monde monte à cheval. On sort du palais au pas, précédé par une avant-garde de cavaliers, le pistolet au poing. On tourne à droite pour se diriger vers la rue Royale et la place de la Concorde.
Le Président se |>lace seul en avant du cortège e derrière l'avant-garde. Aucun soldat ne le ilanque à droite ni à gauche. Un peu en arrière de lui, à sa droite, vient le roi Jérôme monté sur un petit cheval blanc de Tarbes. A sa gauche, le général de Saint-Arnaud, puis M. Abbatucci, un des fidèles de l'Elysée qui avait dit