Docteui' VKUt'x, ibid
Le Général Changarnier
{Cabinet des Estcinipef^K
leur répertoire quand ils ont peur. Que voulez-vous que je fasse? Oui suis-je? Oue puis-je? Je ne suis rien. Personne n'est plus rien. Ubi nihil, nihil. La force est là. Où il y a la force, le peuple perd ses droits. Noviis nascitiirordo. Prenez-en votre parti. Je suis bien obligé de me résig-ner, moi. Dura lex, sed lex. Loi selon la nécessité, entendons-nous bien, et non selon le droit. Mais qu'y faire ? Qu'on me laisse tranquille. Je ne peux rien, je fais ce que je peux. Ce n'est pas la bonne volonté qui me manque. Si j'avais quatre hommes et un caporal, je les ferais tuer.
— Cet homme ne connaît que la force, dirent les représentants ; eh bien, usons de la force.
On lui fit violence, on lui passa une écharpe comme corde autour duc^ou, et, comme on l'avait dit, on le traîna vers la salle, se débattant, réclamant, « sa liberté », se lamentant, se rebiffant '.
Enfin, pour être sûr d'avoir la paix, le rusé président se fit mettre aux arrêts par le colonel Espinasse, avec une sentinelle à la porte. Quant à ceux qui avaient voulu le forcer à une résistance dont il ne se sentait nulle envie, une compagnie de gendarmerie mobile leur fit promptement évacuer le palais, les laissant libres d'alfer où bon leur semblait.
D'autres représentants de toutes les nuances hostiles au Prince avaient formé, à la première heure, de petites réunions chez ^L Crémieux, chez le comte Daru, chez M. Yvon et chez Odilon Barrot. Plusieurs membres de la réunion des Pyramides s'étaient également rendus au lieu ordinaire de leurs séances. Mais des. agents de police vinrent couper court à toute délibération. Les représentants se retrouvèrent alors en nombre beaucoup plus imposant, deux cent dix-huit exactement, à la mairie du X' arrondissement, à Grenelle. Constitués en