TKAiiiiuAND, Mémoires d'oui re lomhe
2. DixIciM' Vi';ito\, Xonredit.r Mcninirrs d'un hounicoiR de Paris.
passé en Ang-lelerre. Il s'occupait, à Londres, d'écrire son grand ouvrage : Études sur le passé et V avenir de l'Artillerie, lorsqu'il apprit, le 26 février 1848, la chute des d'Orléans et la proclamation de la République. Il s'empressa de prendre le chem.in de Paris et envoya, le lendemain de son arrivée, son adhésion aux membres du Gouvernement provisoire. Celui-ci, qui voyait avec crainte les masses populaires tourner les yeux vers la famille Bonaparte, fit engager le futur empereur à s'éloigner momentanémenf. Le prince reprit avec résignation la route de l'exil. Mais au mois de mai 1848, la loi qui proscrivait sa famille fut abrogée. Louis-Napoléon revint à Paris au moment où des élections partielles allaient avoir lieu dans un certain nombre de départements. Quelques chauds partisans avaient jeté son nom en avant comme candidat à un siège de l'Assemblée constituante. Cette étincelle fit jaillir la flamme. Quatre départements, la Seine, l'Yonne, la Charente-Inférieure et la Corse nommaient, le 6 juin, pour leur représentant le neveu de Napoléon et l'héritier de sa couronne. La légende napoléonienne était encore toute vivante dans le peuple. Les acteurs de l'épopée remplissaient encore les campagnes et y contaient leurs souvenirs. On trouvait dans les chaumières le portrait du grand homme, l'image de ses batailles, les épisodes populaires de sa vie. C'était, tout à la fois, la révélation des sentiments de fierté nationale et la traduction visible d'une préférence politique. C'était une profession de foi. Tout le monde sentait que le pays s'apprêtait à confier la première magistrature de la République à l'homme qui se présentait aux suffrages populaires paré du nom magique de Napoléon '. M. Thiers lui-même, ce politique astucieux dont Guizot disait justement qu'il était d'une prodigieuse habileté pour conquérir le