‹ La société du second empire (volume 3)Chapitre 5 sur 84 · De Maupas, Mémoires sur le Second Empire · texte numérisé non relu

De Maupas, Mémoires sur le Second Empire

pouvoir sans savoir jamais le g-arder, M. l'iiiers sentait que ce pouvoir allait passer inévitablement aux mains du Bonaparte nouvellement rentré en France. Un jour, après un entretien avec lui, le Prince avait dit à ses familiers :

« Quel singulier petit homme que M. Thiers ! Tout à riieure, il m'a demandé quel costume je prendrai quand je serai nommé président : civil ou militaire? — Celui du Premier Consul ou quelque chose d'approchant conviendrait très bien, semble-il. — Je ne sais encore, ai-je répondu. Je choisirai probablement entre l'uniforme de général de la garde nationale et celui de général de l'armée. — Mais alors, dit M. Thiers, comment voulez-vous que nous fassions, moi ou tout autre, quand nous serons appelés à vous succéder ? Ooyezmoi, Prince, prenez Thabit du premier Consul. »

Le Prince n'insista pas et laissa M. Thiers dans la croyance qu'il suivrait son avis '.

Un brusque décret de l'Assemblée nationale fixait au 10 décembre i8^|8 l'élection du Président de la République, dans une pensée peu favorable à la candidatiu'c du prince Louis-Napoléon. Mais déjà le pays avait accordé à l'héritier de ce nom populaire une confiance qui grandissait tous les jours-. Cène fut pas une élection, mais une immense acclamation du neveu de l'Empereur. Des communes entières marchèrent au scrutin, drapeaux et tamltours en télé, aux cris de Vivc\<tpoh'on! et de Vire r/ùiipcrriir ! Des feux de joie étaient j)réi)ai-és en vue d'un succès cei'tain. Kn elfel, le résultat fut triomphal i)oiu' le |)rince Louis-Napoh'on. .Sur 7..">i7..')'/| sutfrages exprimés, il eu obtint i").V>'i-:^'^<>eontre i.Vi^- 107 donnés au ciuidiihil oITiciel de l'Assemblée, le général Cavaignac, cl Vj'J*' sciilcincnl à un autre général (|iii

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