‹ La société du second empire (volume 3)Chapitre 52 sur 84 · luANiKH DK C.ASSAdNAC, Soiwcnirx du Second Empire · texte numérisé non relu

luANiKH DK C.ASSAdNAC, Soiwcnirx du Second Empire

Le Maréchal de Saint-Arnaud

Dessin de Ruffet.

LE MMilAGE DE L EMPEREUR 81

transparents ombragés de longs cils et qui au repos étaient légèrement baissés, des cheveux d'une magnifique teinte châtain doré, un nez un peu mince d'un modelé exquis et une délicate petite bouche, qui laissait voir, quand elle souriait, une rangée de perles. Elle était d'une taille au-dessus de la moyenne et ses proportions étaient parfaites. Sa taille était ronde, son cou et ses épaules admirablement formés et, en outre, elle possédait une physionomie pleine de vivacité, une grande élégance de mouvements et des manières dont le charme ne saurait être rendu. C'était une femme d'un type très rare. Et s'il est vrai que c'est à sa descendance écossaise qu'elle devait sa beauté blonde et délicate, il n'est pas moins certain que sa grâce était tout espagnole et son esprit tout français '.

La comtesse Eugénie de Montijo, de Teba, de Banos, et j\Iora, trois fois grande d'Espagne, avait alors vingtcinq ans. Dans le plein épanouissement de sa jeunesse, elle faisait grande sensation dans tous les mondes. Très recherchée dans la haute société européenne, elle trônait tantôt à Madrid, tantôt à Londres, tantôt à Paris. Jouissant de son privilège d'étrangère qui la dispensait de faire de la politique de coterie, on la rencontrait aussi bien dans les salons aristocratiques des La Rochefoucauld ou des Fitz James, dont elle était l'amie ou l'alliée, qu'aux réceptions de la princesse Mathilde ou de la comtesse Le Hon. Quelle était sa famille et comment s'étaient écoulées ses premières années?

Bien des gens savaient qu'en raison des alliances de sa famille, les usages de l'Espagne autorisaient Mlle de Montijo à porter les noms illustres de Guzman, de Fernandez de Cordova, de Lacerda et de Leyra. Il y avait aussi, parmi les débris de nos glorieuses armées, des vétérans qui se souvenaient de son père, colonel

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