Docteur Thomas \V. Ewans, Mémoires
crarlillorie au service de Farmée française, qui, après avoir combattu dans nos rangs, en Espagne et en France, tira son dernier coup de canon, en 181^, lors de l'héroïque défense de la barrière de Clichy. 11 y commandait les élèves de notre école Polytechnique. (Tétait un soldat philosophe, au cerveau hanté par des rêves confus de démocratie et de progrès, qui fut disgracié pour avoir trop aimé la liberté et la France et qui, jusqu'au bout, porta fièrement sa disgrâce. Devenue impératrice, Mlle de Montijo plaça dans ses appartements aux Tuileries une miniature de son père. Il y était représenté avec un bandeau de soie noire traversant le visage à l'endroit où il avait perdu un œil, par suite d'une blessure au service de la France '.
Maria-Manuéla de Kirkpalrick (jui épousa le colonel de Montijo et fut la mère de l'Impératrice Eugénie^ descendait d'une ancienne et considérable famille originaire d'Irlande. Elle avait été fort jolie dans sa jeunesse. De ses deux filles, l'aîné, Paca, était devenue duchesse de Berwick et d'Albe, en s'alliant au descendant du maréchal de Berwick rejeton à la fois d'une des plus nobles maisons de la Péninsule. Elle est morte à Paris en 18G0. L'autre était celle dont l'éclatante beauté venait de faire uiu^ si forte impression sur l'Empereur.
Née à Grenade, le 5 mai iSaG au milieu d'un tremblement de terre, Eugénie, frappait, dès son enfance, par son regard pensif, étonné, mélancolique, regard prédestiné que Pans a vu plus tard dans les yeux de son fils. On eut dit qu'elle n'était pas encore remise de son étrange entrée dans la vie. En iS'd\, au cours d'un premier séjour de Mme de Montijo à Paris, Beyle et Mérimée fréquentèrent son salon. C'est elle <|ui raconta au second l'anecdote dont il fit le sujet de (kirmenel (pii lui