‹ La société du second empire (volume 3)Chapitre 54 sur 84 · GiiAMEB DE Cassag.n.vc, Houvciiirs du Second Empire · texte numérisé non relu

GiiAMEB DE Cassag.n.vc, Houvciiirs du Second Empire

suggéra Don Pedre. Beyle avait beaucoup cramilié pour la blonde Eugénie. Il la faisait sauter sur ses genoux, en disant : « Vous, quand vous serez grande, vous épouserez le marquis de Sanla-Cruz, vous m'oublierez et moi, je ne me soucierai plus de vous. » Il lui racontait, ainsi qu'à son aînée, Paca, des histoires qm faisait leur bonheur. Qu'on s'imagine les deux petites filles assises chacune sur un genou de l'auteur de la Charlreuse de Parme et buvant ses paroles, lui, déployant épisode par épisode ce prodigieux drame dont il avait été le témoin. Au milieu de ces récits de gloire, l'homme de Marengo et de la Moskowa, le héros au petit chapeau et à la redingote grise, faisait de brusques apj^aritions éblouissantes. Pour leur rendre plus sensibles les spectacles que son imaginalion évoquait sous leurs yeux, il avait pris l'habitude d'apporter aux jeunes fdles des images coloriées du poème héroïque dont il avait nourri leur mémoire, enthousiasmé leur àme. Soixante dix ans [)lus tard, Eugénie de Montijo pourra encore montrer une estampe de la bataille d'Austerlilz qu'elle avait reçue de M. Beyle. Car bien après son adolescence, bien après son mariage et les années de splendeur, elle voudra conserver un souvenir profond et presque attendri de celui que le monde des lettres ne nommait que Stendhal et qu'elle ne cessera jamais d'appeler M. Beyle, comme en sa toute petite enfance '. En 1887, entre deux voyages, la fille cadette de la comtesse de Montijo fit sa première communion, au couvent du Sacré-Cœur de la rue de Varennes. Elle y était inscrite sous le nom d'Eugénie Palafox, car, parmi ses nombreux noms, sa famille portait celui de l'héroïque défenseur de Saragosse. Quand le comte de Montijo mourut, le i5 mars 1889, Eugénie et Paca se trouvaient à Paris sous la surveillance d'une inslilutrice

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