‹ La société du second empire (volume 3)Chapitre 56 sur 84 · Grameh de Cassa(;nac, Souvenim du Sccoii'l Empire · texte numérisé non relu

Grameh de Cassa(;nac, Souvenim du Sccoii'l Empire

les cavaliers. Le chàleau de Fonlainebleau esl comme un lieu hanté par les ombres des princesses d'autrefois. Entretenant un culte pour la mémoire de Marie-Antoinette, la belle Espagnole voulut visiter les appartements qui avaient été ceux de la reine martyre au temps de ses splendeurs : le salon de ses dames d'honneur, son salon de musique, son boudoir, sa chambre à coucher, cette pièce qui a été appelée la chambre des cinq Maries,, en souvenir des cinq souveraines qui l'habitèrent: Marie de Médicis, Marie-Thérèse, femme de Louis XIV, Mai'ie-Antoinelte, Marie-Louise et Marie-Amélie. En s'arrètant là, tout émue, Mlle de Monlijo avait-elle le pressentiment que cette chambre légendaire serait bientôt la sienne ^ ?

On a dit que l'impression si profonde faite par Mlle de Montijo sur le cœur de Napoléon 111 s'était formée et avait pris toute sa force d'un séjour à Fontainebleau à un séjour à Compiègne. Ce fut, en effet, à Compiègne que l'Empereur, le meilleur cavalier de son empire, s'éprit davantage de la Ijelle Espagnole, merveilleuse amazone. Elle avait, à cheval, une allure, une grâce fière, incomparables. Aux chasses, elle portait parfois un costume du dix-huitième siècle qui lui seyait à ravir. Le séjour à Compiègne fut des plus brillants. Toutes les soirées furent prises par des dîners de gala, des bals, des représentations théâtrales. Rose Chéri, Bressant, Lafontaine vinrent jouer dans la salle de spectacle du château. Pour Napoléon lïl, le grand attrait de ces onze jours fut la joie de vivre sous le même toit que Mlle de Monlijo, de s'asseoir à la même lable qu'elle, d'écouler sa conversation, de contempler sa radieuse beauté. Toutefois, il ne sortait jamais de la réserve la plus correcte et n'accordait à la jeune fille si admirée par lui aucune préséance qui aurait été contraire à l'éti-

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