‹ La société du second empireChapitre 41 sur 56 · Lettre à la reine Augusta de Prusse · texte numérisé non relu

Lettre à la reine Augusta de Prusse

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ftienls K )) Comme la lourdeur et la bassesse germauiques se retrouvent bien dans cette plaisanterie de vainqueurs s'amusant à jouer par dérision les airg consacrés ou aimés des vaincus !

C'est au château de Wilhelmshœhe, près de Cassel, que va être interné Napoléon III. II doit y être conduit dès le lendemain, en passant par le Luxembourp^ belge, sous la conduite du général de Boyen, assisté du prince de Lynar, jeune diplomate bien connu de la haute société parisienne, qui, ofticier de la landwehr, est attaché à l'escadron d 'escorte du Roj. L'impérial prisonnier emmène avec lui les généraux prince de la Moskowa, Reille, Castelnau, de Waubert de Genlis, Pajol, ses aides de camp ; le commandant Hepp, le capitaine de liBuriston, ses officiers d'ordonnance ; le comte Davillier, premier écuyer ; le lieutenant prince Achille Murat; M. F'ranceschini Fiétri, secrétaire particulier, et les docteurs Corvisart et Conneau. Ils partageront jusqu'au bout sa captivité.

Le 3 septembre, à onze heures du matin, par une pluip battante, l'Empereur, livide, grelottant de fièvre, se soutenant à peine, prit la route d'Allemagne. II. monta avec le prince de la Moskova dans un coupé de poste à deux places dans laquelle on pouvait se dissi^ muler entièrement à l'aide des volets relevés. L'aspect funéraire de cette voiture se compléta étrangement par un détachement de hussards de la Mort. Derrière sui" vaient dans un grand char à bancs ceux qui allaient s'associer à l'infortune de leur souverain. L'itinéraire, pour gagner la frontière belge, comprenait un grand détour par Donchery, Vjigne-aux-Bois, Saint-Meugçs et Fleigneux. Le triste cortège partit au trot, ne rencontrant dans les villages, traversés qu'un silence de désolation, des regards atterrés, des pleurs de fem-

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