‹ La société du second empireChapitre 9 sur 56 · Germain Bapst, Z^e maréchal Canrobert, t. IV · texte numérisé non relu

Germain Bapst, Z^e maréchal Canrobert, t. IV

l'oublierai pas. » Il n'est jamais à court d'argument avec les hommes d'État ni de galanterie avec les femmes. Comme le czar, il va voir jouer la grande-duchesse de Gérolstein et il s'esclaffe de bon cœur devant cette charge des petits princes allemands et de leurs cours. « C'est ça, s'écrie-t-il, c'est tout à fait ça. » Pendant les enlr'actes, il se promène dans les couloirs, il excite la curiosité générale et il est enchanté de constater que, depuis son arrivée, Paris s'occupe énormément de lui: « Tiens, c'est Bismarck. — Il n'a pas l'air si méchant que ça. — On ne le prendrait pas trop pour un ogre. » Peu lui importe qu'on blague son unique cheveu, son muffle de dogue et sa moustache de pandour. Ils'amuse de sa renommée de Croquemitaine de l'Europe. Il estime que c'est un succès pour lui-même et pour la Prusse d'avoir étonné et un peu effrayé les Français. Après la revue de Longchamps, le maréchal Vaillant lui dit que des spectateurs ont crié : « Vive Bismarck ! »

— Non, répond-il sans se laisser abuser. J'ai bien entendu et Ton a crié seulement : « V'ià Bismarck ! » Ça n'est pas la même chose, mais ça me flatte toutdemême^

Parmi les familiers de la Cour, légers et frivoles pour la plupart, un seul peut-être l'a bien compris et redoute la puissance de son caractère et l'inflexibilité de sa volonté. G'estProsper Mérimée, qui a faitsa connaissance deux ans auparavant à Biarritz. En se promenant avec lui, le matin, au bord de la mer, il l'a étudié et, tout en le mêlant cavalièrement à des farces d'atelier % ce psy-

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