‹ La société et les moeurs en BéarnChapitre 103 sur 126 · LE BARREAU · texte numérisé non relu

LE BARREAU

le suprême mérite de la femme, un de ses confrères se récria sur ce langage étrange pour un vrai démocrate. « Qi-ie veux-tu, ciier ami, répondit Lacaze, ce n'est « pas la première fois qu'en combattant ouvertement « certains préjugés, je dois avouer que j'en suis en « secret l'esclave. »

Lorsque la duchesse de Berry vint à Pau^ Lacaze aida galamment les dames à confectionner des guirlandes ; et, en ramassant des fleurs de 13's qu'une dame avait laissé tomber, il disait en riant : « QjLii m'eût dit que c'est moi qui relèverais les lys ! »

Sous la Restauration, commencèrent à paraître des avocats qui devaient continuer les bonnes traditions du barreau, notamment Forest et Lamaignère.

Jusqu'en 1881, Forest a poursuivi sa carrière avec une énergie qui semblait lui promettre une plus longue existence. Fn droit, il possédait des connaissances qui deviennent bien rares. Peu d'hommes ont été doués d'une puissance de logique égale à la sienne. Il était d'un temps où les avocats à Pau respectaient peu la langue; mais, sans parler français, l'orest trouvait souvent des accents de véritable éloquence.

Au contraire, M. Lamaignère père parlait et écrivait très correctement. Il a joué un rôle ;\ côté de Lacaze, de Prat et de Forest. Dans sa verte vieillesse, il a eu le bonheur de se voir revivre au barreau dans son tils.

J'ai longuement parlé des magistrats et des avocats de Pau petite ville, parce qu'ils étaient les principaux éléments de la société à une époque dont le souvenir méritait de ne pas tomber dans l'oubli.

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