‹ La société et les moeurs en BéarnChapitre 29 sur 126 · LA COUR DE PAU. I) I · texte numérisé non relu

LA COUR DE PAU. I) I

ne sont pas les moins admirables. Ils enviaient aux Flandres leurs manufactures renommées ; Henri IV avait tout préparé pour fondera Pau, avec des ouvriers flamands, des établissements rivaux.

Les bahuts sculptés du xvi'' siècle qu*on a recueillis au château de Pau, n'y étaient pas au temps du bon roi ; mais ils donnent une idée de ceux qui s'y trouvaient alors, et de la perfection de la sculpture sur bois, pour les meubles, à cette époque. Une chose d'ailleurs prouve mieux que tout hi magnificence de l'ameublement de la résidence des rois de Navarre, c'est l'empressement que, devenus rois de France, ils mirent à la dépouiller pour embellir le Louvre.

Marguerite aimait aussi les livres. Elle en faisait et elle admirait les bons auteurs.

Au xv*^ siècle, les livres étaient si chers qu'un Tite- Live coûtait 120 écus d'or; mais, vers le milieu du xvi*" siècle, l'imprimerie était déjà répandue et les bibliothèques commençaient à prendre un développement considérable.

En ce temps, l'orfèverie se chargeait de l'ornementation des reliures sur lesquelles les rubis et les pierres gravées se mêlaient à l'or et à l'argent. On honorait ainsi l'œuvre de génie '.

L'amour des livres se répandit du palais des rois aux plus humbles demeures. Dans les registres de

' Nous avons public, il va bien des années, le catalogue de la bibliothèque des rois de Navaire, aussi aurions-nous beaucoup à dire sur une publication îles Atnuilts Jes bibliophiles belf^cs, 1881-1882, p. 188.

notaires du xvi'-' siècle, on trouve des catalogues de livres, mais en général bien mal faits. Ainsi, dans un inventaire de meubles laissés par Jean de Fourcade de Sainte-Marie près d'Oloron', on lit : Un petit liberet espagnol qui commence par les mots : Cohles de la gloriosa Magdalena ; le livre du roi Moàus, la complainte de Flamele, Report or io de las cosas présentes, un livre en latin qui commence par dominicis diehus, etc. — Un bachelier en droit, Armand de Carrère, en 1586, recommande à ses exécuteurs testamentaires de faire le catalogue des livres nombreux qu'il possède tant en telaugia, filosofia, morale, logica et ard oratoria. Les notaires n'étaient pas encore bien ferrés sur l'orthographe.

* Archives de Pau, E. 1772.

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