LES TOILETTES
Uixe de Gaston X. — Fasle de Jean et de sou beau-frère, César Borgia. — A Pavie, Henri II songe à son tailleur de Pau. — Marguerite de Valois, — La garde-robe d'Antoine de Bourbon. - ■ Les toilettes de la reine Margot. — Li robe de noce de Jeanne d'Albret.
Jadis, surtout, le costume indiquait le rang; le roturier ne pouvait prendre les habits du gentilhomme ; mais les simples vicomtes de Béarn ont toujours affecté d'être vêtus comme les plus grands rois.
Un jour, Gaston X accompagna Louis XI à Toulouse, et les historiens rapportent que, parmi tous les princes réunis autour du roi de France, Gaston //// celui ijui parut avec Je plus d'éclat et de uia^^uificence.
Les chroniqueurs n'ont pas manqué de f;i ire ressortir combien il était ricbeineul habillé, lorsqu'il fit son entrée à Rayonne avec le célèbre Dunois.
Jean d'Albret, roi de Navarre, se fît aussi remarquer par le luxe de ses vêtements. Nul ne l'égalait sous ce rapport, si ce n'est son beau-frère, le tameux César Rorgia. Le faste de Borgia était tel que le roi de l'rance
le trouvait ridicule pour un simple duc de Valentinois, Ce faste fut, dit-on, la cause de sa fin tragique. L'éclat de sa cuirasse dorée et des objets précieux qu'il portait sur lui avaient tenté la convoitise des brigands qui ne le reconnurent qu'après avoir détaché son heaume.
Henri II fut fait prisonnier à Pavie avec François P*"^ et Charles-Quint avait grand intérêt à supprimer ce vaillant rival qui ne voulait pas céder son titre de roi de Navarre et n'épargnait rien pour reconquérir son royaume. Au milieu des ennuis d'une captivité prolongée^ à laquelle une périlleuse évasion vint seule mettre un terme, Henri II était préoccupé de sa toilette. Il écrivait à son chancelier de Béarn qu'il avait commandé à Lyon de belles étoffes de soie et que son tailleur de Pau devait préparer ses ciseaux et ses aiguilles pour lui faire de beaux accoutrements avec des hocquetons.
On représente Marguerite de Valois ainsi habillée : un manteau de velours noir; une cotte, noire assez haut collet, fourrée de martres ; la cornette assez basse sur la tête et la chemise un peu froncée au collet !
Marguerite avait adopté le noir après la mort de son fils Jean de Navarre qui ne vécut que quelques mois. C'est alors qu'elle composa ces vers qui marquent sa prédilection pour la couleur sombre :
Le noir souvent se porte pour plaisir, Et plus souvent que pour peine et tourment Et pour estre vêtu honnestement L'on doit avoir de le porter désir Puisque par mort me vient le déplaisir Il sied trop miculx eue nul accoustrcment Le noir.