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LA CHASSE

Quel bon pa3'S pour le gibier que ces landes sans fin du Pont-Long; que ces belles forêts s'étendant des bords du Gave aux coteaux de Jurançon et jusqu'aux cimes des Pyrénées !

Sans remonter aux temps préhistoriques où le renne, l'urus, l'auroch et tant d'autj'es animaux disparus peuplaient nos montagnes; nos contrées, aux temps féodaux, abondaient encore en animaux devenus bien rares aujourd'hui, comme le cerf et le sanglier.

La guerre au fauve n'était pas seulement, pour le chevalier, l'occasion d'exercer son courage; c'était encore l'occasion de protéger l'homme des champs.

Les seigneurs encourageaient la destruction des animaux nuisibles. Volontiers, ils permettaient de prendre sur leurs terres le meilleur gibier, à condition de leur en laisser une part.

L'ours, qu'il fliut aller chercher aujourd'hui si haut et si loin, prolongeait ses promenades jusque dans la plaine. Souvent les neiges de l'hiver refoulaient dans les villages de la vallée les loups affamés ; les pasteurs redoutaient les attaques nocturnes de ces bêtes dangereuses.

A Saint-Savin, on donnait 3 florins de récompense à celui qui prenait un ours de deux ans et au-dessus ; on donnait 12 sous à celui qui prenait un ourson. La tête de l'ours et une hampe devaient être portés au seigneur. La prise d'un loup ou d'une louve était payée un petit écu. De plus, il était permis de faire une quête, en promenant dans la contrée l'ours ou le loup capturé.

Pour les sangliers, les cerfs et les isards tués dans la vallée, l'abbé de Saint-Savin exigeait Vépaule droite avec la peau .

Les vieux Fors de Béarn ont une rubrique intitulée : de Semer. L'article 31 est ainsi conçu : « Selon la coutume générale de la tei^e de Béarn, on doit payer Symier de tout sanglier mâle ou femelle, c'est-à-dire le quartier de devant, parce qu'il vaut plus que tout autre quartier de la bête mâle ou femelle ; pour raison de laquelle plus grande valeur et pour son profit le seigneur l'ordonna ainsi anciennement sur le consentement des gens de la terre de Béarn * . »

Le Symier ou Semer était un droit que le chasseur devait au seigneur de la terre sur laquelle il avait pris un sanglier, un cerf ou un chevreuil. Ce droit consistait à exiger une part de l'animal, selon la coutume du lieu.

En Béarn, au moyen âge, conformément aux lois romaines, le droit de chasse appartenait à tout homme Ubre. Ce droit ne fut restreint et ne devint un privilège de la noblesse que sous Henri II, roi de Navarre. Mais, à toutes les époques, les nobles regardèrent les belles meutes, les grands équipages de chasse comme un luxe seigneurial ou princier.

Au temps de la chevalerie, la galanterie brillait partout. A la chasse, comme dans les tournois, le chevalier aimait à déployer son adresse et son audace sous les yeux de quelque génie damoiselle. Les nobles châ-

' Fats de Bcani. — Mazurc et Hatoulet, p. 2).

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