‹ La société et les moeurs en BéarnChapitre 41 sur 126 · UN DRAME VI'XU AU CHATEAU. I · texte numérisé non relu

UN DRAME VI'XU AU CHATEAU. I

— Que f^iire, alors, dit Corisnndc ?

Sully se tait et paraît réfléchir profondément.

Catherine et Corisande, dupes de cette sincérité apparente, le pressent, le supplient de leur dire comment on pourra calmer le roi. Sully se tait toujours. Enfin, à de nouvelles instances, il répond : « Vous avez aigri le roi en manquant de confiance envers lui; vous pouvez gagner son cœur en adoptant le système contraire ; il faut vous en remettre entièrement à lui ; sacrifiezlui cet engagement qui l'a tant irrité; faites-lui une déclaration constatant que vous renoncez à vous marier sans son consentement, et je vous assure qu'après cet acte de complaisance, il ne s'écoulera pas trois mois que le bon Henri ne soit heureux de combler vos désirs et de cimenter une union, d'ailleurs^ bien assortie. »

La déclaration demandée coûtait à si2:ner : il ne fallait pas seulement la signature de Catherine, il fallait aussi celle du comte de Soissons. Sully parvint à lever tous les obstacles, donnant sa parole d'honneur qu'il ne remettrait jamais l'écrit au roi si les choses tournaient autrement qu'il comptait.

Sullv ne livra pas cette déclaration à Henri IV, mais il s'en servit pour empêcher l'union qu'il avait promis de favoriser.

Le dernier acte du drame, c'est la fureur du comte de Soissons contre Sullv. Mais cette fureur, bruyante autant qu'impuissante, n'cnipécha pas la rupture du mariage d'être définitive.

Lorsque son tronc lut atlormi et sa gloire complète,

Henri IV voulut dédommager sa sœur des peines qu'i lui avait causées. Il l'appela auprès de lui.

Depuis ce jour, Pau cessa d'être une résidence royale, et la société royale y prit fin.

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