L ENLEVEMENT DE LA ELANCEE
mns cramoisi disent assez qu'elle était là. La dame de Maupas crut qu'on venait l'outrager, a Mademoiselle, lui dit l'écuyer, je ne suis pas venu ici pour faire dommage à votre personne ni à vos biens. Je garderai qu'il ne soit rien touché de ce qui est à vous. » Mais toutes les perquisitions restèrent sans résultat : Anne de Parcy, à la première alerte, avait été conduite dans un château éloigné.
Puy Guyon revint à Pau plus désespéré qu'il n'en était parti.
Quatre ans s'écoulèrent. Il fut un jour, obligé d'aller à Dax, qui était terre française. A peine y était-il arrivé qu'en vertu d'un ordre de la chancellerie, il était arrêté et mis en prison.
Voici ce qui s'était passé :
Le sire de Maupas, cachant les circonstances du rapt et les fiançailles d'Anne de Parcy, s'était plaint à la justice de la violation de son domicile et des violences commises par une compagnie d'hommes d'armes organisée pour le crime et le pillage. Ajournement avait été donné à Puy Guyon pour comparaître devant le parlement de Paris. Mais l'écuyer qui était déjà à cent cinquante lieues de distance, n'avait eu aucun avis de l'information. 11 ignora l'accusation portée contre lui, (ut jugé par contumace; la sentence devint définitive, et, lorsqu'on l'arrêta, il eut beau réclamer, sa plainte ne put être entendue.
Dans le cachot oii il était enfermé, Puy Guvon avait perdu toute espérance. Un prince étranger le vit, en visitant la prison ; il l'interrogea et fut frappé de la sin-
cérité de ses paroles, et, usant du droit de grâce dont il joussait pour première venue et joyeuse entrée, il lui rendit la liberté.
Tous ces faits, exactement résumés, sont extraits d'une pièce des archives des Basses-Pyrénées, ayant pour titre : « lettres de grâce et de rémission accordée à Jean dePuyGuyon, prisonnier à Dax, par Philippe, archiduc d'Autriche, à son entrée dans le royaume, suivant le pouvoir qui luy avoit esté donné par le roi, 2 1 janvier 1 501 ^ »
1 Archives de Pau, E. 1 1 .