‹ La société et les moeurs en BéarnChapitre 50 sur 126 · LA COUR A B A N D O X \ H P A U · texte numérisé non relu

LA COUR A B A N D O X \ H P A U

Epanoiiissi'iih'iit de J'i'spn'l hcaniais. — Lutte contre le roi. — Querelles religieuses : pamphlets et satires. — Les queues de renard. — Voyacre héroïque de Bordeaux à Pau. — Conversion générale des huguenots de Pau.

E départ de Catherine de Navarre fut une révolution pour Pau déshérité de son titre de capitale.

Subitement, tout changea d'aspect. Le salon du château n'avait pas de rival : il dominait, il dirigeait, il absorbait tous les autres. Dès qu'il fut fermé, plusieurs autres s'ouvrirent. La société,

une jusque-là, s'éparpilla, se divisa en plusieurs petites sociétés ou coteries. L'autorité royale n'avait pas de contradicteurs ; elle faisait taire toutes les petites rivalités de famille ou d'influence qui surgirent aussitôt avec une violence d'autant plus grande que le feu des querelles religieuses se ranima tout à coup.

Mais rien de violent ne dure^ en Béarn et à Pau surtout.

L'esprit français avait envahi la cour de Marguerite, importé en Béarn des idées et des modes nouvelles. L'ancien régime fut, au contraire, l'ère de l'épanouissement de l'esprit béarnais.

Pau, petite ville parlementaire, aristocratique, gardant des traditions de courtoisie et d'élégance, était trop loin de Versailles pour trop ressentir l'influence de la cour des rois de France. Pau eut donc sa vie propre, sans beaucoup d'éclat, mais avec un cachet spécial d'originalité et de pittoresque.

Sous la reine Jeanne, les huguenots s'étaient emparés des biens ecclésiastiques. On en réclama la restitution, dès que la persécution eut cessé. Henri IV chercha à calmer les impatiences, à réconcilier les esprits ; Louis XIII voulut parler en maître, et ne fut pas écouté : malgré tous les édits et tous les ordres du roi, les huguenots trouvaient que ce qui avait été bon à prendre était bon à garder.

La lutte fut ardente entre les cathoHques que soutenait le roi de France et les protestants qui avaient pour eux la possession et l' influence des autorités locales.

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