I.I-: i'ari.i:mi:nt. 2S
des psaiiines dans un bois ». L'examen du dossier apprend que les protestants, en guerre ouverte contre le roi, avaient été trouvés rassemblés au nombre de trois ou quatre cents armés de fusils. Deux ont été condamnés. Etaient-cc les chefs de la révolte? Q.aelles furent les circonstances de la rébellion et les motifs de la condamnation? Voilà ce qu'il aurait fallu rechercher.
Avec des juges cruels le bourreau de Pau se fut enrichi; mais il n'avait pas de travail, il chômait, il mourait de faim.
Le métier était si peu lucratif, il était si odieux en Béarn qu'on choisissait pour l'exercer quelque cagot maudit ou quelque scélérat que l'on graciait. En 1689, Montesquieu, trésorier de Béarn, écrivit à Jean de Salabcrt, geôlier du château de Sauveterre pour l'inviter à sonder les intentions de Daniel de Navarrete, dit Biron, condamné à mort, pour savoir s'il consentirait à être nommé bourreau moyennant sa grâce pleine et entière. Etrange alternative ! être exécuté ou devenir exécuteur. M. Lochard, dans ses Ephènicridcs du Béarn *, raconte que la place de bourreau resta vacante à Pau pendant deux ans. Etienne Ense Dahan, natif de Picardie, prêta serment devant la cour « de bien et fidèlement exercer les fonctions d'exécuteur des hautes œuvres, et de ne pas bouger de la ville sans ordre exprès de la cour ».
Cette obligation de ne pas bouger de Pau a besoin d'être expliquée. Il paraît qu'en 1655, le bourreau, ne
trouvant pas de travail à Pau était allé en chercher ailleurs. D'Artagnan, lieutenant de Bayonne, et les échevins de cette ville payèrent 12 livres à un messager chargé de ramener l'exécuteur qui avait déserté sa charge ; on fit au déserteur un habillement de drap rouge qui coûta 49 livres ^ En 1657, Henri Dubois, exécuteur des hautes œuvres^ adressa une requête au Parlement pour obtenir des gages fixes : il est sans occupation et languit de faim et de misère ^ .
Comme il finit que tout le monde vive, même celui qui doit ôter la vie aux autres, le bourreau obtint un arrêt du Parlement, en 1765, qui lui accordait pour salaire un droit sur les denrées portées aux marchés de Pau, de Nay et de Lacq ^
Voici une nomenclature de ce que l'on portait au marché avec le montant du droit que le bourreau, en livrée rouge, devait percevoir lui-même :
Corbeille de fruits. . . .
3 deniers
Charge de volaille.
Paire d'oiseaux
Charge de dindes . . . .
Charge de fil de lin .
Charge de graisse de porc
Charge de pain . . .
Charge de fromage . .
Charge de châtaignes. . .
Charge de noix. . .
1 Archives de Pau, B. 391 1.
s Archives de Pau, G. 1 505.