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boire du vin sous des treilles. Plusieurs fontaines renommées des environs attiraient aussi les promeneurs. C'étaient la fontaine des Fées, celle des Marnières, celle de Trespoey, celle des « Cent-écus ».
Au pied du parc, enfouie sous d'épais ombrages, coulait une fontaine. Un soir, en y venant puiser de l'eau, une jeune fille^ assise sur le gazon, pleurait en racontant à son amie ses chagrins d'amour: le jeune homme qu'elle aimait ne pouvait obtenir le consentement de son père, qui refusait de recevoir en sa maison toute fille qui n'apporterait pas au n'oins une dot de cent écus. Et la jeune fille ne savait où trouver cette dot; elle demandait si quelque bonne fée ne pourrait venir à son secours. Mais où découvrir une fée ?
Le lendemain, la jeune fille revint à la fontaine. Elle avait cherché toute la nuit sans dormir les moyens d'avoir une dot et n'était pas plus avancée. O surprise ! Elle aperçoit une bourse :\wec cette étiquette : < Une fée le renvoie! » Elle compte et recompte l'argent: il y avait bien loo écus.
C'était Catherine de Navarre qui, se promenant au parc et ayant tout entendu, avait joué le rôle de fée bienfaisante près de la pauvre désolée.
Les fors de Béarn, publiés en 1541, contiennent le calendrier des jours tériés. Ils étaient très nombreux. Les Béarnais ne craignaient pas de se ruiner en fêtes ; ils en célébraient même qui n'étaient pas portées au calendrier, par exemple le lundi, jour de marché.
La description des réjouissances populaires, mêlées de pratiques superstitieuses ou bizarres, revenant pé-
riodiquement à l'occasion de certaines fêtes, serait beaucoup trop longue.
On ignore à quelle époque remonte Tusage des funérailles burlesques du Carnaval à Bizanos, le mercredi des Cendres.
Le château et le parc de Bizanos s'ouvraient à toute la population. Le peuple dansait dans le parc ; les dames, au château. Des mascarades isolées, plus ou moins brillantes, se rassemblaient après le bal pour former un grotesque cortège à Carnaval, condamné à être brûlé en effigie. L'exécution avait lieu sur le pont du Gave où le mannequin carnavalesque était mis en flammes, puis précipité dans l'eau. C'était alors, dans toute la foule, d'interminables cris et rires ; et puis chacun se retirait en chantant :
Adiu donne, prauhe Carnabal Tu t'en bas, you que demoiiri, etc.
Adieu donc, pauvre carnaval, tu t'en vas, moi je demeure.
La vieille fête de Bizanos dure toujours : la population lui reste fidèle; mais la foule est devenue si grande que le parc et le château lui sont fermés. Les vieux usages ont été abandonnés pour des contrefaçons étrangères. Au lieu de confetti, on se jette des grains de maïs. Les grandes batailles qu'on engageait dans les rues de Pau ne sont plus permises qu'au village, et les innovations n'excitent ni les cris de joie, ni les chants^ ni l'enthousiasme populaires qu'excitent la vieille et originale cérémonie du temps passé.