PATRIOTISME. COSTUME NATIONAL
l-'ii'iié hêaruaise. — Dédain des voisins. — Toilette des nobles. — Toilette des maç[istrats. — Toilette d'un abbé. — L'h'entail à Pau et à Madrid. — Costume national : béret, capidet et capuchon. — Règlements somptuaires.
Le patriotisme provincial fut peut-être plus accentué en Béarn que partout ailleurs. Les Béarnais étaient fiers de leur histoire, et ils avaient raison. Ils prétendaient que la France n'avait pas conquis le Béarn, mais que les Béarnais, avaient conquis la France. Même sous Louis XIV, ils ajoutaient, sur les monnaies frappées à Pau, l'écusson de Béarn au double écusson de l'rance et de Navarre. Ils se croyaient en possession de plus de libertés et franchises qu'aucun pays du monde, et ils reçurent de très mauvaise gnice, en 1789, la nouvelle qu'ils étaient menacés de perdre leur constitution et d'être soumis à une constitution unique pour tout le ro3'aume.
Les Béarnais se croyaient privilégiés des rois, parce que le chef de la dynastie était né chez eux ; ils se croj^aient privilégiés de Dieu même , puisqu'il leur avait' donné de meilleurs vins, de meilleurs fruits, un plus gracieux pays, un plus beau ciel que partout ailleurs.
Aussi avec quel dédain ils traitaient leurs voisins de Bigorre !
Lous Bigourdas
pire que cas.
Les Bigorrais répondaient :
Lous Biarnès faux et courtes.
Les Bigourdans pires que des chiens.
Les Béarnais faux et courtois.
A Pau, on prétendait que le dicton primitif était : féaux et courtois.
Les étrangers étaient mal vus à Pau, surtout lorsqu'ils y venaient occuper des fonctions publiques que les indigènes voulaient garder pour eux seuls. Il n'eût pas été prudent de dire dans un salon ou en pleine rue que l'on trouvait ailleurs des hommes plus braves, des femmes plus jolies, des sites plus beaux qu'en Béarn.
Les gentilshommes portaient, à peu près partout, le même costume. La cour de Versailles imposait les règles de la mode. Les nobles béarnais se faisaient habiller à Paris, ou du moins faisaient venir de Paris les étoffes de leurs costumes. Ils n'ont, certes, pas prévu le temps où les valets serviraient à table habillés comme les maîtres. Lors même que l'égalité du costume ei.t