‹ La société et les moeurs en BéarnChapitre 83 sur 126 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

CLUBS Rli VOLUTIONNAIKEh

Les Béarnais improvisés orateurs parlant français. — Registre des délibérations de la société montagnarde de Pau. — Les embrassemcnts de l'amitic. — Violences et correctifs. — L'apathie. — Musique et journaux. — Le professorat obligatoire et gratuit. — Le carême civique. — Cadeau à la Commune de Paris. — Harangue sur la morale. — L'ennui des discours. — Portrait de Robespierre. — L'interrupteur facétieux. — Français comme Brutus. — Com^ ment ont fini les terroristes et les déesses de la Terreur.

On ne s'attend pas à trouver ici l'histoire* de la période révolutionnaire en Béarn. Je ne recueille que des notes ; je n'envisage la Révolution que dans son influence sur la société béarnaise.

En mettant dessus ce qui était dessous, on ne put, c'était trop clair, que bouleverser les mœurs et les intelligences. Les classes supérieures étaient pertection-

' Cette histoire ne peut être f.iitc encore d'une manière complète. Dans celle épo>.]iie phraseuse et ecrivassière, on a entassé lin tas prodii^icux de papiers qui ne sont pas classes, ni cataloj»ués.

nées par l'éducation et l'expérience des affaires. La basse classe pouvait avoir de la bravoure sur les champs de bataille, de l'élan, du patriotisme; mais le talent naturel ne peut se passer d'instruction.

Les sans-culottes remplaçant les aristocrates ne cherchèrent point à imiter leurs bonnes façons ni leurs élégances ; ils affectèrent, au contraire, une grossièreté de langage et de forme, heureusement passées de mode.

Le peuple parlait béarnais plus que français. Les administrateurs improvisés, élus dans la dernière classe, furent obligés de parler français et s'imaginèrent tout savoir sans avoir rien appris. Aussi ne devra-t-on pas s'étonner de ce que les orateurs des clubs eussent à Pau une éloquence peu française. Ce n'était pas, non plus, dans les écrits du temps, le style de Messieurs de l'Académie béarnaise. Voici un exemple inédit tiré des archives nationales :

« J'ai l'honneur de vous adresser la délibération de « l'assemblée électorale du district d'Oloron. Veuillez, « Monsieur le président, présenter cet acte à vos dignes « coopérateurs les législateurs immortels de V Empire « français, en démonstration du zèle et du dévouement « que le district d'Oloron porte à notre heureuse Cons- « titution. Puissiez-vous y voir l'observation littérale, « quoique informe^ de décrets d'autant plus sages qu'ils « ont pour base la liberté, le plus précieux apanage du « chef-d'œuvre de la Déité. »

Cet échantillon suffit pour donner un avant-goût du style des orateurs clubistes.

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En Béarn, comme partout, les salons se fermèrent, les clubs s'ouvrirent. C'étaient les salons du peuple. Les plaisirs, la galanterie, les doux propos firent place aux discours farouches que la permanence de la guillotine rendait plus sombres. La tragédie remplaçait l'idylle au château, et Florian, si longtemps à la mode, périssait sous le couperet du bourreau.

Je voudrais faire revivre avec sa physionomie vraie un club de Pau. J'espère y parvenir en donnant l'analyse exacte d'un document inexploré des archives des Basses-Pyrénées, intitulé : Registre des délibérations de la société populaire et montagnarde de Pau, commencé le i8 germinal, an II.

Le fondateur de ce club n'était autre que le sanguinaire Monestier.

En ouvrant ce registre où, à côté de la signature de Monestier se trouve celle de plusieurs Béarnais, j'ai craint de rencontrer quelques taches de sang sur les noms aujourd'hui les plus honorés. Si j'ai bien su lire à travers la féroce phraséologie du temps, les Béarnais avaient plus de peur du proconsul révolutionnaire qu'il n'avaient de sympathie pour lui. Parlaitil ? On l'applaudissait, car on n'aurait pas osé lui résister en tace ; mais il est facile de voir qu'on cherchait des moyens détournés de lui dérober quelque victime. On ne s'oppose point, c'est vrai ! aux mesures de sang qu'il propose, mais on cherche ;\ les rendre illusoires; on admet la règle, mais on l'étoutlc sous les exceptions.

Ouvrons le registre. Monestier préside. De sa bouche

ne sortent que des menaces terribles. Sans cesse, il parle du glaive de la loi qui doit frapper les coupables. Et l'on sait quelle extension il donnait à ce dernier mot. Monestier est trop habile pour ne pas voir que, si son auditoire frémit, il n'est pas charmé. Pour plaire là ceux qui r écoutent, il organise une ït\.Q avec déjeunes citoyennes vêtues de blanc et une musique bruyante.

La séance était ouverte au chant de L'hymne de la Liberté ; on la terminait par des chants patriotiques, et l'on se retirait en dansant de joyeuses farandoles au sinistre chant du Ça ira.

Les buveurs de sang avaient toujours le mot d'humanité sur les lèvres, sans que leur cœur eût aucun sentiment de pitié; ils parlaient toujours de liberté en organisant la terreur. La monarchie absolue était tempérée par les chansons ; la République supprima les chansons.

Lombez, de Pau, fut accusé d'avoir copié quelques couplets contre- révolutionnaires . Monestier décida que ce crime, plus ou moins prouvé, méritait la mort. Lombez monta sur l'échafaud. Cette exécution cruelle d'un pauvre artisan, soutien d'une nombreuse famille, produisit une sensation si pénible que le vertueux Monestier, — cette épithète lui était donnée dans les actes publics, — crut devoir en parler au club révolutionnaire.

Le proconsul monte à la tribune. Il fait un tableau touchant de la famille de la victime: le frère de Lombez est un bon citoyen ; le défunt laisse huit ou dix enfants sans ressource ; la mère est souffrante et dans les angoisses

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de la détresse. « Soyons, dit-il, leur pcrc, leur appui, « cherchons leur des secours efficaces et montrons en « même temps que les lois ne sont pas violées en vain, « et que le mérite est honoré sans être flétri par le vice « d'autrui quelconque. » — Après ce pathos d'étrange sensibilité envers ceux que sa cruauté venait de rendre des orphelins, il prend l'initiative d'une mesure adoptée ;\ l'unanimité : quatre commissaires sont délégués pour porter à la flimille désolée les consolalions de la bienfaisance et les embrassements de l'amitié. (Séance du 2 floréal.) Ainsi le proconsul altéré de sang versait des larmes de crocodile. Et quelle bizarre consolation pour ceux qui allaient mourir, de songer que le meurtrier plaindrait les veuves et les orphelins et leur enverrait les embrassements de Va mi tic !

Dès les premières séances du club, on flt la proposition de prendre des mesures contre les reclus et les suspects. Pour plaire à Monestier, on ne les ménagea pas liùs citoyens flétris par les mandats de réclusion. On les attaquait terriblement, d'une manière générale : « Ils sont, disait-on, durs par caractère j malfaisants par principes, méchants et cruels par état et par préjugés. . . ils sont trop encroûtés pour ne pas tout entraver ».

Mais, parmi CCS reclus, dépaysés dans les prisons éloignées, se trouvaient des magistrats, des avocats, des amis dont on avait reçu des services, et ceux qui les maudissaient tous en bloc les auraient volontiers tous sauvés un par un.

La question des suspects était souvent posée. Un orateur les divisait en trois classes : les traîtres à la

patrie, et il réclama contre eux la mort ; ceux qui, loin de rajfermir la liberté, ont la lâcheté de ne pas concourir à sa conquête; et il réclama contre ceux-là la déportation ; il réclame enfin la surveillance contre les faibles qui, égarés par la perfidie, nont pas été méchants.

Il était facile de tout faire entrer dans la dernière catégorie qu'on pouvait, en pratique, rendre très élastique.

Le comité de surveillance annonçait à la société qu'il allait prendre des mesures pour ramener les esprits hypocrites et si, contre toute attente, « ils ne réussissaient pas, ils emploiront tous les moyens que la loi met à leur disposition ».

Comment ne pas réussir avec un argument aussi persuasif que la guillotine ? Après quelques tirades trop vives, inspirées par la terreur de Monestier, un Béarnais hasarde une proposition : « Pour radoucir les esprits, dit-il, pour calmer les âmes fiêres et généreuses, il faut chanter des airs patriotiques et aller danser le soir à la salle du théâtre ». La proposition est acceptée sans contradiction.

Les déclamations contre le despotisme qui avait inventé V antre de la Bastille n'eurent pas grands succès.

Les diatribes furibondes contre le fanatisme et les prêtres plaisaient davantage à Monestier. Le registre ne nomme pas les orateurs, mais quel langage ! Si le style c'est Thomme, c'étaient des hommes qui ne valaient pas grand'chose. Voici comme s'exprime le procès-verbal : « Un orateur dévoile les vieux secrets des prêtres qui par principes canoniques greuchaient (sic) les

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hommes et mettaient en parade les femmes au son de leurs flageolets magiques ». (Séance du 26 messidor an III.) Lorsque Monestier présidait, il était souvent obligé de tonner contre l'apathie, le vice qu'il regardait comme l'une des causes des malheurs publics. Mais, lorsque les Béarnais étaient débarrassés de sa présence, les orateurs qui criaient encore contre la fanatisme n'avaient pas beau jeu. Tantôt on leur répondait par un poème sur l'Être Suprême (qui n'était pas encore détrôné) et tantôt par des murmures. Un orateur, dit le procès-verbal, se plaint que, pendant l'instruction sur le fanatisme, divers jeunes gens se sont introduits dans les galeries, dans d'autres vues que celle de l'écouter et que les muscadins trouvaient mauvais qu'on ra'ienne sur ces matières. Un orateur répond qu'il est temps de cesser les discours

sur ce sujet, qu'il ne faut plus s'occuper du fiuiatisme sacerdotal, mais uniquement du fanatisme de la liberté. Ces paroles sont vivement applaudies.

Une autre fois, un orateur remarque avec regret que les' patriotes ne sont plus assidus aux séances. « Il paraît, dit-il, que ce n est pas aujourd'hui la fête de la ci-devant Notre-Dame, car les galeries sont désertes. » Ces galeries de l'église Saint-Martin où s'assemblait le club, étaient naguère combles, lorsqu'on célébrait la fête de l'Assomption.

On fut bientôt las des diatribes contre tout ce qui était vénérable ; le tempérament béarnais ne pouvait se fixire aux surexcitations violentes. Plus l'orateur s'enllammait, plus l'auditoire restait froid. Les procès-verbaux constatent souvent le bruit qui se lait au tond de

la salle, les plaintes de l'orateur non écouté qui reproche aux censeurs Vindulgence qui retarde le calme dans lequel seul la voix majestueuse de la vérité se fait entendre.

La liberté du désordre était difficile à comprimer. On proposa de prendre des mesures sévères et de veiller à ce que la lumière du vestibule fût toujours allumée. Quand les violentes déclamations qui blessaient la conscience et réclamaient du sang cessèrent après le départ de Monestier, les séances devinrent plus calmes. On y fliisait la lecture des journaux ; on applaudissait j avec patriotisme aux victoires de nos armées ; on dis- f cutait des questions d'intérêt local ; on finissait la séance par la musique guerrière et sentimentale dirigée par le citoyen Furtz^. Ce Furtz était un brave homme; sa fille, M""^ Colalto, fiit, sous la Restauration, organiste de Saint-Martin et maîtresse de piano.

La lecture des journaux charmait toute l'assemblée. Un orateur fiit fort applaudi en disant quil ny avait pas de meilleur moyen que les journaux pour dissiper les ombres de Vignorance. « Rome, s'écria-t-il, n'aurait jamais « péri, d'après un grand homme révolutionnaire, si « elle eût eu des journaux et des sociétés populaires. » Il proposa, en conséquence, de fonder un journal dans les Basses-Pyrénées.

Parmi les projets d'intérêt local présentés à la société montagnarde, on n'en trouve guère qui aient abouti.

En face de la place Royale, lorsque la révolution éclata, se construisait l'église Saint-Louis; l'édifice restait inachevée et ressemblait à des ruines. Un ora-

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tcur proposa d'en faire un temple dédié à l'Être Suprême <( lequel temple sera en même temps destiné au lieu « des séances de la société, aux jeux, danses et fêtes « publiques, enfin à tous les rassemblements de l.i « commune. »

La Révolution était plus prompte à démolir qu'à construire ; elle fit disparaître à Pau plusieurs grands hôtels et n'y érigea aucun monument utile.

Il était à l'ordre du jour de crier contre l'ignorance, et l'on commençait par fermer l'université et le collège de Pau. Du reste, la manière dont les orateurs clubistes parlaient de l'instruction aurait suffi pour démontrer combien ils auraient eu besoin d'en recevoir.

Il y avait, sans doute, parmi les patriotes béarnais, quelques hommes de valeur, par exemple Tancien avocat Dulaut. Il déclamait avec force contre les corporations persécutrices du talent et de la science; il applaudissait à la suppression du collège qu'il traitait d'établissement aristocratique. Sa théorie pour hâter le progrès ne manquait pas d'originalité : il ne réclamait pas l'instruction obligatoire et gratuite, mais bien le professorat gratuit et obligatoire. Suivant lui, la République avait le droit et le pouvoir de requérir les hommes, capables d'instruire le peuple, de payer une dette civique en donnant des leçons forcées dans les écoles primaires. Mais il était plus facile de désorganiser les anciennes maisons d'instruction que d'en créer de nouvelles.

Monestier avait besoin de toute la terreur qu'il inspirait pour n'être pas quelquelois mal accueilli à la tribune. Par exemple, l'e.x-chanoine apostat avait lait

un mandement pour imposer un carême civique. En voici le dispositif:

« 1. 11 est défendu, à compter du lo de ce mois, à tous les citoyens, notamment aux bouchers, charcutiers et revendeurs quelconques, de tuer pendant 10 décades aucuns bœufs, vaches, veaux ni génisses, moutons ni brebis, chèvres ni agneaux.

« 2. Les républicains sont requis, au nom du salut public, de dénoncer à la municipalité toutes les contraventions au précédent article.

« 3. Chaque contrevenant sera condamné à une amende de 50 livres; il sera en outre déclaré ennemi du peuple et, sous ce rapport, la municipalité s'impose le devoir de le dénoncer au comité de surveillance pour être mis en prison... »

Cette peine était bien dure pour avoir mangé une côtelette en temps prohibé par le vertueux Monestier, qui ne donnait pas l'exemple de la sobriété. j

Plusieurs fois, le proconsul parut à la tribune pour " prêcher son carême ; mais les citoyens de la société montagnarde n'étaient pas très portés au jeûne et à l'abstinence. Lorsque l'orateur défendait l'usage de la viande, des sourds murmures se faisaient entendre dans les recoins mal éclairés de la ci-devant église.

Jamais la fraternité ne fut prônée davantage, jamais elle ne fut moins pratiquée. La délation, que Monestier recomm.andait comme une bonne note de civisme, produisait des méfiances et des trahisons peu propres à cimenter la concorde entre les citoyens. Les patriotes béarnais se plaignaient de voir la ville de Pau, si unie.

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naguère, se diviser de toutes façons. On disait au club: « Les jalousies, les rivalités, les haines doivent s*é- « teindre dans l'amour de la patrie, dans les étreintes « de l'amitié et de la fraternité. »

Lorsque Monestier quittait Pau pour aller ailleurs prêcher son carême et promener la guillotine, comme il ny avait plus de maître chacun voulait l'être, et la société fut agitée par des ambitions diverses. Lisons les procès-verbaux : « Un membre observe que de toutes « parts on cherche à égarer le peuple, que les uns disent « que c'est un gouvernement despotique, que le peuple « ne jouit pas de son droit, que la souveraine puissance « ne doit pas rcslcr aux mains Je certains individus... » On n'explique pas, il est vrai, comment la souveraine puissance pourrait être exercée par tous à la lois.

Ce qui plaisait aux uns déplaisait aux autres. L'enthousiasme de la nouveauté commençait à se refroidir et l'excellence des épurai ions ne paraissait pas bien prouvée. « L'orateur, dit un procès-verbal, /i//7 le parallèle »< de l'ancien et du nouveau régime et dévoile la râpait cilé qui s'accroil dans l'ordre judiciaire. » Les magistrats élus, sans savoir, sans expérience et sans conscience, commençaient à faire regretter ceux qu'ils avaient remplacés.

La société montagnarde avait parlois des velléités d'imiter les Etats de Béarn. Ainsi elle décida qu'elle enverrait un cadeau de jambons à la Commune de Paris. Mais les diliîcultés du transport devinrent le sujet de graves délibérations. « Les employés conducteurs, « disent les procès-verbaux, demandent huit jours de

(c repos pour eux et leurs chevaux. Mais les jambons « emmagasinés peuvent-ils attendre ? »

Le secrétaire de la société analyse les discours quand il les comprend. Je cite : « Un orateur £iit un discours plein de moralle {sic) sur la nécessité du travail. Il démontre que cette obligation est imposée à tous les hommes en général et fait ressortir le danger de l'oisiveté pour les familles... »

Souvent on dirait que le secrétaire n^a rien compris aux furibondes harangues. Nous lisons : « Un citoyen « monte à la tribune et fait un discours très animé qui « se ressent du feu qui l'anime pour la patrie. » Voilà tout. Sur quoi l'orateur a-t-il parlé ?

L'éloquence est chose rare parmi les hommes qui ont cultivé l'art de la parole ; elle ne brillait guère parmi les esprits incultes qui formaient la majorité de la société. Le genre ennuyeux dominait et l'auditoire préférait à une phraséologie incorrecte le chant et la musique.

L'orateur était libre de parler tant qu'il voulait, mais on se croyait libre de ne pas Técouter. « Un membre , dit le registre, se plaint amèrement du scandale causé dans les tribunes par les citoyennes qui ne se rendent là que pour distraire les autres et être distraites. Il fait un appel à ces citoyennes, à la décence et aux vertus qui ' les rendent plus belles et plus intéressantes. Elles répondirent par des applaudissements à cette invitation cordiale et fraternelle. Les galants voltigeurs descendirent et l'ordre se rétablit. »

L'empreinte de la présence de Monestier est forte-

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